Football (Namur): Youness Sbaa devait “ rester paralysé ”...
publié le 30/01/2010 à 19h02
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Youness Sbaa, qui habite et œuvre à Yvoir (il est l’adjoint de David Maucq), se confie à propos de sa carrière sportive, sa passion pour le beach-soccer, sa maladie et son frère Nadir. Entretien.
Laurent Dosimont
>Tu es un touche-à-tout du sport, en fait...
J’ai pratiqué le volley jusqu’à l’âge de 16 ans, j’ai fait partie des sélections AIF. Je jouais aussi au football en salle. Je n’ai commencé le foot qu’à 16 ans, à Anseremme, en P3, en fait pour faire plaisir à mon père et à Philippe Leclef. J’ai joué trois saisons là-bas, deux à Rochefort en Promotion, deux à Andenne en P1. Mon père est alors décédé. Je me suis lancé dans le beach-soccer, en parallèle avec le foot. Je jouais à Ciney en P1 à ce moment-là, avant d’aller à l’Entente mosane. Puis je suis tombé malade...
>De quoi souffres-tu exactement?
J’ai eu une encéphalomyélite. C’est au niveau du cerveau. Mais j’avais déjà un problème au cerveau bien avant cela... (NDLR: il éclate de rire).
>C’est quand même incroyable que tu en rigoles...
Tu sais, maintenant, je relativise. Je suis tombé dans le coma du jour au lendemain. On a dit à ma mère et à ma femme que j’allais mourir une semaine plus tard. Ensuite, je devais rester paralysé à vie, je ne devais plus marcher. Je me suis réveillé 27 jours plus tard. Toujours actif par le passé, je suis devenu inactif. J’ai alors monopolisé la salle de musculation de Mont-Godinne huit heures par jour. Mon premier kiné, c’était François Toussaint, attaquant de Bièvre. Il était en stage là-bas. Aujourd’hui, je marche! Tant bien que mal, mais je marche!
>Revenons au sport... Le beach-soccer, c’est une page importante de ta carrière sportive...
C’est la plus importante. J’ai fait partie de la première équipe nationale belge. J’étais le seul amateur, à côté de Daniel Kimoni, dont je partageais la chambre, Patrick Vervoort, Marc Degryse, Philippe Vande Walle, Georges Grün, Yves Soudan... Le tout coaché par Frédéric Waseige...
J’ai pas mal voyagé grâce au beach-soccer: l’Euro en Autriche, le Mondial au Portugal, des matches en Norvège, en France, en Suisse... J’ai joué contre Eric Cantona, des anciens joueurs du Benfica, des joueurs de Sao Paulo...
>Aujourd’hui, tu es T2 au RFC Yvoir. Le coaching était-il pour toi une manière de rester dans le foot?
Pas du tout! Je coache depuis longtemps. J’entraînais déjà au volley. Quand tu n’es pas un joueur de football exceptionnel, tu essayes de rester au contact du milieu par d’autres moyens, comme le coaching.
>Comment analyses-tu l’évolution du football provincial?
Maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, je trouve qu’il y a un manque de respect des joueurs vis-à-vis des coaches. À notre époque, on était content d’être repris dans les quinze. Aujourd’hui, ils râlent parce qu’ils ne sont pas titularisés, alors qu’ils viennent parfois de nulle part. Il y a aussi moins d’amitié entre les clubs. On boit un verre après le match, ça s’arrête là. Il y a quinze ans, quand on allait jouer à Han-sur-Lesse avec Anseremme, on savait avant de partir qu’on repassait faire la fête après le match chez le secrétaire adverse Emile Moors. D’un autre côté, point de vue football, je remarque que l’aspect tactique prime beaucoup plus aujourd’hui. De plus, le niveau technique des joueurs est plus élevé à l’heure actuelle.
>Un mot sur ton frère, Nadir... D’un côté, je suis fier de lui. On a voyagé ensemble en Belgique et à l’étranger. D’un autre côté, je suis triste qu’il ne joue plus. Il a bien des contacts, mais le foot ne lui dit plus rien. Il est dégoûté du milieu. Quand Nadir était au GBA, le fils Snelders jouait à sa place alors qu’il n’était pas international, au contraire de Nadir. Tout ça parce que Snelders était le “ fils de ”... Aujourd’hui, il sort pas mal, ce qu’il n’a pas pu faire plus jeune, finalement.
C’est du gâchis. Ensemble, on ne parle plus de foot.