Voici le premier whisky verviétois

Bernard Zacharias et la gamme de whiskys de Radermacher. GDS

Bernard Zacharias et la gamme de whiskys de Radermacher. GDS
    Lambertus: c’était le nom du grand-père de Bernard Zacharias. C’est aussi celui de la gamme de whisky et produits dérivés que Radermacher, la distillerie de Raeren, vient de sortir. Du whisky de dix ans d’âge sur lequel la société planche depuis plus de 20 ans.

    Yves Bastin

    Outre ses apéritifs et son pèkèt de belle tenue, voilà que la distillerie Radermacher, de Raeren, se lance dans le whisky. Une arrivée qui intervient un an après celles du Goldlys de la firme flamande Filliers, près de Deinze, et du Belgian Owl de la distillery Lambicool, à Grâce-Hollogne. Le Gouden Carolus de la brasserie Het Anker, en région malinoise, lui, est l’un des deux derniers venus, avec le Lambertus raerenois.

    Mais Bernard Zacharias souligne que sa distillerie planchait sur un tel projet depuis une vingtaine d’années déjà. La première mise en fût remonte à 1995. Celui qui incarne la cinquième génération de distillateurs raerenois sait donc ce qu’est mûrir un projet et un produit. Il cultive aussi l’image du produit du terroir, sans chercher à copier servilement un produit étranger.

    Son parti pris de départ était de ne pas faire mûrir le distillat dans des tonneaux qui auraient contenu du xérès, du cherry, du porto... Seul le tonneau neuf et retorréfié devait donner son caractère au breuvage: “ On voulait se différencier en absorbant l’essence du bois ”, du chêne limousin. “ Il y a un aller-retour entre le whisky vieilli et le bois ”, souligne le patron.

    Après mûre gestation et réflexion, il en est arrivé à la conclusion que c’était entre sept et dix ans que le rendu était le meilleur. Après, le bois commencerait à prendre l’ascendant sur le grain de froment. Et se borner aux trois ans requis pour pouvoir appeler la boisson “ whisky ” lui laissait un goût de trop peu.

    L’appréciation variera d’un amateur à l’autre. Mais le whisky raerenois a déjà ses adeptes, qui retiennent les arômes frais et fruités de chocolat et de noisettes et le léger goût, doux, de vanille. Au Japon, lors d’un test à l’aveugle, des spécialistes lui ont donné la même cote que le nippon Suntory, élu meilleur whisky blend du monde par le Whisky Magazine, constate Bernard Zacharias.