Terrasses à Namur: chacun fait ce qu’il veut

Le gérant du Havana est soulagé. Laurent mathieu

Le gérant du Havana est soulagé. Laurent mathieu
    Le printemps pointe le bout de son nez et les terrasses commencent à fleurir un peu partout. À Namur, elles ont chacune leur personnalité: bois, plastique, colorée, c’est au choix. Et ce n’est pas près de changer. L’échevine Anne Barzin renonce à harmoniser le mobilier.

    Laurent Mathieu

    L’année passée, Anne Barzin (MR), l’échevine du commerce namuroise, qualifiait pourtant la place du marché aux légumes de “ laide ”. Elle disait alors: ”Les meubles et les parasols sont tous différents, ce n’est vraiment pas beau. Tous les commerçants pourraient avoir le même mobilier ”.

    Aujourd’hui, Anne Barzin revient sur ses déclarations. ”Nous ne voulons pas que les commerces aient le même mobilier. Cette question de l’uniformisation des terrasses n’est pas un problème majeur ”. L’échevine retournerait-elle sa veste? ”Non, mes déclarations ont été mal interprétées ”. Étonnant quand on entend les cafetiers.

    ”L’année passée, l’échevine avait parlé de tout uniformiser. Nous venions d’investir 5000 euros dans une toute nouvelle terrasse. Cela ne nous arrangeait pas du tout” explique Hakim Ouaslati, le gérant du café Havana. Et pour cause, Hakim a investi dans une terrasse qui lui permet de se distinguer de la concurrence: ”Nous avons choisi une terrasse verte fluo. Cela donne un air de vacances, de soleil ”. L’idée d’une uniformisation des terrasses a très vite été assez mal acceptée chez les commerçants. ”Personne ne voulait d’ une telle mesure. On ne distingue déjà pas très bien chez qui on est. Il faut que le client sache où il s’installe ” réagit la taverne alsacienne.

    L’impopularité de la mesure a sans doute influencé la Ville dans sa décision de renoncer à une uniformisation. Seule la question d’harmoniser les parasols est encore d’actualité. ”On y réfléchit mais il n’y a rien de concret pour le moment ” affirme Anne Barzin. Pour ce qui concerne une standardisation future du mobilier, l’échevine pose deux conditions: ”D’abord, il faudrait laisser la possibilité aux commerçants de se différencier. Ensuite, il faudrait aider financièrement les commerçants qui doivent investir dans du nouveau matériel ”. Les terrasses multicolores ont encore de beaux jours devant elles à Namur. Santé!