Softenon: tout est perdu à cause de BHV

 E.G.

E.G.
    C’était acquis: les victimes du Softenon allaient être indemnisées par le biais d’une fondation. Puis, catastrophe. Avec la chute du gouvernement, plus rien n’existe pour elles. “ On va devoir tout recommencer à zéro ”, dit Brigitte Condotta

    Rédaction en ligne

    L’Havrésienne, née sans bras, nous avait confié, en mars dernier, sa satisfaction à être enfin reconnue comme victime. Elle allait pouvoir, du même coup, prétendre à une indemnité, indispensable quand on sait les problèmes de santé, d’intendance quotidienne... liés au handicap. Et puis, patatras! Le gouvernement entraîne dans sa chute bien des espoirs. “ Il va falloir tout reprendre à zéro. C’est quand même décevant, dit Brigitte Condotta. On s’est battus pour quelque chose et on va devoir tout recommencer. On croyait pouvoir vivre un peu plus à l’aise et maintenant, c’est en suspens ”. Comme les autres personnes victimes du Softenon, Brigitte Condotta a une santé plus fragile. “ Je souffre au niveau du dos, c’est de pis en pis. J’ai demandé une aide-ménagère pour faire ma cave et mon grenier. La dame viendra deux après-midi ”.

    Brigitte s’était offert cette aide précieuse en comptant sur l’indemnité. “ C’était déjà dans mes plans ” dit-elle, presque embêtée de n’avoir pas été assez raisonnable, peut-être...

    Mais où est la raison? Martine Olivier, présidente de l’Association des victimes de la thalidomide de Belgique explique qu’elle a appelé le cabinet de la ministre Onkelinx hier matin. “ La personne responsable du dossier m’a dit qu’il n’existe plus rien. Parce que rien n’a encore été signé au niveau d’une loi ”. Ce qui est bien regrettable. “ La différence, si quelque chose avait été signé, c’est que cela passait en affaire courante. Quand je pense que la proposition de loi devait passer la semaine dernière et que, suite à la démission du premier ministre Leterme, ça n’a pas pu se faire ”.

    À deux pas du but, tout s’effondre; après des années de néant, et ces derniers mois où tout s’est décidé très rapidement. C ’est usant. Les victimes du Softenon ont en moyenne 50 ans maintenant. “ C’est fatigant. Très fatigant. C’est limite écœurant, témoigne encore Martine Olivier. Tout est à recommencer. On devra refaire les mêmes démarches, sensibiliser le ministre qui aura en charge la santé, on devra se représenter devant les politiques... ”.