Liège: Eurogentec et son vaccin extraordinaire

La société du Sart Tilman en pointe contre la bilharziose.  c.feron

La société du Sart Tilman en pointe contre la bilharziose. c.feron
    Installée dans le parc scientifique du Sart Tilman, la société Eurogentec participe actuellement à la mise au point d’un vaccin révolutionnaire. Destiné à lutter contre une terrible maladie appelée bilharziose, il est même carrément une première mondiale.

    charles ledent

    Le professeur Joseph Martial, président d’Eurogentec, explique: “ Il existe déjà un médicament chimique contre la bilharziose, le praziquantel. Il tue les parasites adultes, mais ni les larves ni les œufs. Est donc apparue la nécessité d’un vaccin. L’équipe du professeur Capron, à l’institut Pasteur de Lille, y travaille depuis longtemps. Il y a vingt ans, il a découvert qu’il était possible d’utiliser une protéine du parasite comme vaccin.

    L’intérêt du vaccin, par rapport au médicament, est double: d’une part, il prévient l’infection; d’autre part, il peut être aussi utilisé comme thérapie, lorsque l’infection est déjà présente, mais avec une efficacité autrement plus grande que celle du médicament chimique.

    production en série

    Trouver le fonctionnement du vaccin, c’est bien, mais encore fallait-il trouver une société capable de le produire. C’est là que les scientifiques lillois se sont tournés vers Eurogentec. Il y a plus de dix ans, déjà et, aujourd’hui, Eurogentec est passé à la réalisation pratique du vaccin.

    Il s’appelle Bilhvax et représente une première mondiale. Le docteur Gilles Riveau, coordinateur du programme Bilhvax à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), explique pourquoi: “ Jusqu’à présent, il n’existait aucun vaccin contre les maladies parasitaires. Or, avec le Bilhvax, on voit apparaître en quelque sorte une nouvelle race de vaccins, puisqu’on entre dans une génération de vaccins thérapeutiques.

    Il reste désormais à vérifier totalement la validité de ce vaccin. Une phase de tests va débuter sur 250 enfants sénégalais infectés atteints de la bilharziose. Si les tests sont concluants, d’ici fin 2012, alors on pourra vraiment penser que le Bilhvax est tout à fait opérationnel.

    Et Eurogentec pourra, alors, lancer sa production à grande échelle...