Pas d’argent, pas de réforme, les pompiers en ont marre
publié le 30/11/2009 à 05h35
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Les pompiers ne voient toujours rien venir. Las d’attendre une réforme qui ne vient pas, de meilleurs moyens et des réponses à leurs questions, ils vont passer à l’action. “
Patrice ANTOONS
“ La sécurité de la population n’est plus assurée ”, commente le porte-parole des pompiers francophones et germanophones Marc Gilbert. “ Depuis plus de deux ans, rien ne bouge, hormis les ministres de l’Intérieur qui se succèdent au pas de course. Assez de promesses, maintenant nous voulons des actions ”.
Les raisons de leur colère? “ Un budget initial (68 millions) avait été estimé nécessaire pour démarrer cette réforme sur le terrain ”, insiste Marc Gilbert. “ Mais le Gouvernement a encore raboté les crédits qui nous étaient alloués: en 2010, nous aurons 7 millions qu’en 2009.”
Mais aussi le manque de statut des 12.500 pompiers volontaires et le manque tout court de professionnels, qui sont actuellement 5.000 pour l’ensemble du pays.
Les pompiers revendiquent aussi une meilleure formation, du meilleur matériel, surtout pour leur propre protection, et un soutien psychologique. “ Nous sommes encore comme en 1963, date de la dernière Loi en vigueur. Mais les choses ont bien changé depuis. ”
Les pompiers en ont ras le képi. Ils envoient un courrier à tous les bourgmestres et ils passent à l’action. Pour la première, ils ont choisi la date symbolique de la Sainte-Barbe, leur patronne: le vendredi 4 décembre.
“ Nous allons nous poster à certains postes frontières, où passent une majorité de gens ”, explique Marc Gilbert. “ Nous voulons avertir ceux qui entrent en Belgique qu’ils arrivent dans un pays où nous ne sommes plus en mesure d’assurer leur sécurité. Même chose pour les gens qui sortent du pays: nous leur disons qu’ils vont vers un pays mieux sécurisé. Et nous inviterons tout le monde à signer une pétition. ”
Frontières bloquées
Vendredi, donc, des véhicules se mettront en position du côté de Couvin, Chimay (Brûly), Arlon (Sterpenich), mais aussi du côté de Tournai ou de la frontière allemande. “ Vendredi aussi, nous allons distribuer aussi des tracts sur les marchés publics pour toucher un maximum de population.”
Autres actions prévues dans la foulée: visite chez les présidents de partis, puis chez la ministre Turtelboom. Ou elle bouge, ou elle s’en va ”. Le message est on ne peut plus clair.