L’Euro risque de... disparaître!

 

 
    Mise en circulation le 1er janvier 2002, la monnaie unique européenne, désormais commune à seize de ses États membres, traverse une zone de fortes turbulences. Au coeur de la dépression, la situation financière catastrophique de la Grèce.

    Rédaction en ligne

    Depuis des semaines, Français et Allemands se divisent sur les solutions à apporter. Angela Merkel ne veut pas entendre parler d’un soutien financier à la Grèce. À la veille d’élections régionales difficiles, elle suit en cela l’opinion publique allemande, toujours nostalgique d’un mark fort. À l’opposé, Nicolas Sarkozy est partisan d’un soutien individuel par certains États européens. Cette cacophonie fait dire à Paul De Grauwe, professeur d’économie de la KUL, que la monnaie unique est condamnée à disparaître. “Si l’axe franco-allemand explose ”, explique-t-il, “l’euro ne pourra pas survivre longtemps. ” Ces craintes sont partagées par d’autres. Récemment, l’ex-ministre français des Affaireseuropéennes, PierreMoscovici (PS), déclarait que “l’euro a un problème vital ”. “Si nous ne soutenons pas les Grecs, on risque

    d’avoir un Etat européen en cessation de paiement, en quasifaillite, qui sera pris en charge

    par le Fonds monétaire international (FMI) et contraint de quitter la zone euro ”, expliquait-il.

    “Mais derrière, la spéculation

    commencerait à jouer sur d’autres: l’Espagne, le Portugal, l’Italie... ”

    CONDAMNÉ À TERME

    En fin de semaine, les dirigeants de l’UE se réuniront à Bruxelles. José Manuel Barroso a demandé qu’un mécanisme de soutien à Athènes y soit adopté. “Sinon, la grande incertitude risque de perdurer ”, a-t-il souligné. La France, l’Italie ou l’Espagne partagent le point de vue.

    Et hier, le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean- Claude Trichet, insistait sur le fait qu’il était de la responsabilité de tous ses États membres d’oeuvrer à la stabilité de la monnaie unique.

    Mais rien n’y fait, l’Allemagne

    campe sur ses positions. Notez que pour Paul De Grauwe, de toute façon, rien n’y changera.

    “Même si un accord intervient,

    l’euro devrait disparaître dans un terme compris entre cinq et dix ans ”, estime-il. “La banque centrale européenne assume la

    politique monétaire des Etats membres, mais pas la politique

    socio-économique. L’euro est comme une belle villa dont il

    manquerait le toit. En cas de tempête, cela devient inhabitable.” Or, la tempête est à nos portes...