Ni champagne, ni caviar au forum économique de Davos !

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    Le champagne et le caviar, que les grandes banques avaient l'habitude d'offrir à Davos, devraient être bien rares cette année dans la célèbre station des Alpes suisses, la crise économique ayant réduit prétentions et portefeuilles.

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    Un grand nombre de banquiers, présents aux éditions précédentes, ne figurent ainsi plus parmi les invités de la 39ème édition de la grand messe annuelle du Forum économique mondial (WEF).

    Pour certains, la raison est simple: leurs établissements ont été emportés par le tsunami de la crise financière.

    A commencer par Lehman Brothers, la banque d'affaire américaine dont la faillite a provoqué une lame de fond désastreuse en septembre.

    L'ancien patron de Merrill Lynch, John Thain, licencié sans ménagement la semaine dernière par Bank of America (BofA), repreneur de l'institution en péril, a été débarqué du Forum à la dernière minute.

    Le PDG de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, est également absent de l'événement, tout comme son homologue de Citigroup, Vikram Pandit.

    Seul le PDG de JP Morgan, James Dimon, devrait faire le déplacement aux côtés de quelques courageux européens tel que le PDG de Société Générale, Daniel Bouton.

    Marques moins onéreuses ou vin blanc

    A l'image de la morosité économique, les fastueuses fêtes, qui jalonnaient traditionnellement la semaine du Forum, devraient être remisés au placard.

    Selon le journal dominical suisse Sonntagszeitung, citant le responsable du Steigenberger Granhotel Belvedere, Ernst Wyrsch, les budgets pour les réceptions ont été réduits de 30%.

    Et les habitués du luxe devront s'y faire: caviar et homard seront remplacés par jambon/fromage, tandis que le champagne Dom Pérignon devra céder la place à des marques moins onéreuses ou du vin blanc.

    "Citigroup avait l'habitude d'organiser de grosses soirées, tout comme Goldman Sachs et bien d'autres", raconte Jean-Pierre Lehmann, professeur à l'école de commerce IMD de Lausanne. "Mais l'ambiance sera bien différente cette année", pronostique-t-il.

    Marc Demisch, directeur général du Central Sporthotel, confirme, racontant qu'une banque qui habituellement offrait deux soirées dans les restaurants de son hôtel, n'en faisait plus qu'une cette année.

    "Ils invitent le même nombre de personnes au total mais n'auront à payer qu'une fois la location des lieux", ajoute-t-il.

    Le commanditaire d'une autre soirée privée a décidé de réduire ses dépenses de 25% notamment sur le "vin qui sera 10 à 15 francs moins cher", poursuit M.

    Demisch.

    Mais la plus grave crise économique depuis la Grande dépression des années 30 pourrait avoir au moins un effet bénéfique sur le Forum de Davos, autrefois icône du capitalisme rayonnant où plus de 2.500 décideurs de la planète se côtoient traditionnellement. Ainsi, selon M. Lehmann, elle devrait remettre un peu de contenu dans les débats et mettre les "golden boys" face aux réalités.

    Le thème devrait être au coeur des débats, le patron du WEF, Klaus Schwab espérant dessiner les contours d'une coopération internationale pour les présenter lors du prochain G20 en avril à Londres.

    Plus d'une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont attendus pour plancher sur le sujet, une participation record, selon le WEF qui espère "une réunion historique".