Adrienne, la doyenne des Belges est wallonne et a 110 ans
publié le 05/05/2010 à 06h11
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Adrienne Ledent est née le 13 décembre 1899. La citoyenne de Habay-la-Neuve est devenue la doyenne des Belges depuis le décès de Gabrielle Demets. Personne ne peut connaître son secret de longévité... vu qu’elle ne parle plus du tout.
Pierre Nizet et
Gabrielle Demets de Zwevegem n’aura été la Belge la plus âgée que pendant 10 jours. Elle est morte dans la nuit de vendredi à samedi. Aujourd’hui, la doyenne des Belges est wallonne. Elle s’appelle Adrienne Ledent. Luc Halbardier, son petit-fils, ne semble pas surpris. “ La maison de retraite vient de me prévenir ”, explique le lieutenant caserné à Marche-en-Famenne.
Adrienne Ledent est née le 13 décembre 1899. Elle a donc 110 ans. Elle est suivie par une autre Wallonne. Aimée Ransonnette, d’Arquennes (Hainaut) est née le 18 janvier 1900. “ Ma grand-mère a connu trois siècles ”, confirme Luc qui a eu 43 ans, hier.
Lui, son épouse et leur fils Arnaud, âgé de 17 ans, sont les derniers membres de la famille d’Adrienne. “ Elle a perdu son premier mari le 24 novembre 1926. Ils s’étaient mariés le 18 avril 1922. Le père de mon papa s’appelait Camille. Il était métallurgiste et est mort en tombant dans une cuve remplie d’acier en fusion ”. Le 29 avril 1931, Adrienne convolait en secondes noces avec Georges Gavroy. Ils n’auront pas d’enfant. “ Il est décédé le 3 mai 1968 ”. Luc ne garde que de bons souvenirs de sa grand-mère. “ Elle a toujours été femme au foyer et a toujours habité Habay-la-Neuve. C’était ma mamie gâteau. Elle me pardonnait tout et me défendait quand j’étais enguirlandé. Elle mesure à peine 1m50! J’adorais passer mes vacances chez elle. La veille de rentrer à la maison de retraite, elle fendait encore son bois, à la serpette ”.
“ Pas de médicament ”
Depuis la mort de Jean, son fils unique, il y a dix-huit ans, la santé de la Gaumaise dépérit. “ Elle ne s’attendait pas à vivre plus longtemps que son fils. Aujourd’hui, elle ne nous reconnaît plus. J’essaie de garder d’elle les images positives ”, avoue l’homme qui habite à Jodoigne.
À Habay, ils sont encore quelques-uns à se souvenir d’une Adrienne vivace. “ Elle vivait dans une petite maison d’ouvrier. Elle avait toujours les cheveux blancs tirés en arrière et s’habillait avec un tablier noir et des chaussures noires ”, explique Marie-Laurence Hendrick. Cette employée communale est un parent éloigné d’Adrienne. “ Une femme fort accueillante et fort serviable. Le facteur entrait chez elle tous les jours pour boire sa petite goutte ”.
C’est dans la maison de repos “ l’Auberge du Vivier ”, à Habay-la-Neuve, qu’Adrienne Ledent réside actuellement. “ Elle est traitée chez nous comme les autres pensionnaires ”, nous confie Stéphanie Bouche.
La “ Petite Adrienne ” ne parle plus. Par le passé, elle n’a pour ainsi dire jamais fait que parler en patois de Habay. L’abbé Burnet vient d’ailleurs toujours lui “ causer ”. “ Elle mange toujours bien ”, commente-t-il. “ Je pense que ce doit être une des rares pensionnaires à ne pas avoir de médicaments. Pour les médecins, elle est en bonne santé, si ce n’est qu’elle ne voit plus beaucoup, qu’elle ne sait presque plus parler et qu’elle ne court plus ”.
On ne connaîtra pas le secret de longévité d’Adrienne. Mais l’abbé Burnet affirme qu’il la voit encore bien vivre quelques années!