Publié le Vendredi 15 Novembre 2013 à

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Les éboueurs du Luxembourg privés d'étrennes

R.G.

Les éboueurs luxembourgeois ne peuvent solliciter ni recevoir d’étrennes. Il s’agirait d’une faute grave. Ailleurs, pourtant, la pratique est répandue.


Dans la province, interdiction de demander des étrennes.

Corinne Feron

Dans la province, interdiction de demander des étrennes.

On dit que l’argent n’a pas d’odeur. Un dicton que contesteront probablement la plupart des éboueurs, tant les conditions dans lesquelles ils exercent leur métier sont difficiles, ne serait-ce qu’olfactivement parlant…

Bien consciente de cela, on ne rechigne que rarement à sacrifier à la tradition des étrennes de fin d’année pour les éboueurs de son quartier. Pourtant, dans notre province (sauf à Bastogne), la situation est on ne peut plus claire : les éboueurs ont l’interdiction formelle de solliciter ou de recevoir des « dringuelles ».

Tandis qu’ailleurs, dans le namurois par exemple, la pratique est autorisée dans une commune sur deux.

considéré comme une faute grave

Zohra Barkat, dispatcheur chez Remondis, la société chargée par l’AIVE (Association Intercommunale pour la Protection et la Valorisation de l’Environnement, NDLR) de ramasser les déchets dans la plupart des communes de la province (à l’exception d’Etalle, de Virton, de Libramont et de Bastogne), explique que «  le règlement de travail interdit formellement de demander ou de recevoir des étrennes. Cela est également stipulé dans le contrat que nous avons passé avec l’AIVE. D’ailleurs, avant les fêtes de fin d’année, nous remettons une note à nos employés afin de leur rappeler ce règlement.

Les consignes sont donc très claires. Le porte-à-porte est interdit et serait considéré comme une faute grave si un employé s’y essayait… ».

Tradition passée de mode

Du côté de la société Sita, qui s’occupe du ramassage des déchets à Virton, Etalle et Libramont, même son de cloche.

Serge Dumont, responsable de Sita à Etalle, indique que «  demander des étrennes et proscrit dans le règlement. Mais nos employés sont bien au courant de cela et nous n’avons jamais eu à donner d’avertissement à personne  ».

Une seule exception dans la province : à Bastogne, où la collecte des déchets est assurée par la Ville, les éboueurs ne sont soumis à aucun règlement en la matière.

Quoi qu’il en soit, difficile de vérifier si les éboueurs acceptent ou non des étrennes qui leur seraient données spontanément.

Tant du côté de Remondis que de Sita, on aurait plutôt tendance à fermer les yeux… Pour Zohra Barkat, «  c’est plutôt le fait de sonner à la porte de gens et de demander de l’argent qui nous gêne. Mais de toute façon, je pense que c’est de plus en plus rare que les gens donnent spontanément. Les taxes augmentent partout, alors les gens se calment sur les étrennes… La tradition semble un peu passée de mode », conclut-elle.

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