Harcelée sur son lieu de travail, à la SNCB, puis virée, elle s'est suicidée
Rédaction en ligne
Monique s’est suicidée la semaine dernière. D.R.
“ Ma compagne était une femme très joyeuse. C’était éprouvant de la voir s’éteindre au fil des mois ”, dit Pierre Germay, 65 ans, (Liège). La semaine dernière, Monique Saussez (51 ans) s’est suicidée à l’aide de médicaments. Elle venait d’être licenciée et était à un âge critique pour retrouver un poste.
Ses ennuis commencent lorsqu’elle est transférée de B Cargo, la filiale fret, vers le service financier de la SNCB. “ Ses collègues ne l’ont pas aidée ”, explique son compagnon, Pierre Germay, 65 ans. “ Ses supérieurs ne lui donnaient aucun travail. Comme elle était contractuelle, elle craignant de perdre son emploi ”. Monique tombe en dépression et s’absente un mois. À son retour, on lui fait comprendre qu’elle n’aurait pas dû revenir avant un semestre... soit le délai légal pour pouvoir la virer.
Sa situation professionnelle ne s’améliore pas et elle tombe à nouveau malade, cette fois, pour une longue période. Monique perdra finalement sa place... Et puis la vie. À cause de la SNCB?“ Le service indépendant chargé de veiller au bien-être a conclu qu’il n’y avait pas eu comportement abusif. Nous avons respecté le dispositif légal en matière de protection contre le harcèlement ”, indique Louis Maraite de la SNCB Holding.
Isabelle Bertrand, permanente à la CSC Transcom, ne partage pas cet avis: “ L’ambiance dans le service est délétère. Une enquête a mis en évidence des dysfonctionnements. Les injonctions de la hiérarchie sont restées sans suite ”, estime-t-elle. Pour le syndicat, l’acte désespéré de Monique n’est apparemment pas isolé.







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