«Avant, on leur disait de chercher du travail»
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Est-il exact que de plus en plus d’étudiants font appel au CPAS pour poursuivre leurs études ?
Oui, c’est clair que depuis une dizaine d’années, nous recevons de plus en plus de demandes de la part d’étudiants (l’organisme en suit actuellement 1.200).

Comment l’expliquer ?
Nous avons changé de politique. Avant, lorsqu’un jeune de 18 ans venait pour bénéficier des aides en vue de poursuivre ses études, nous lui aurions dit de chercher du travail. Aujourd’hui, les gens entreprennent des études plus longues et nous leur donnons la chance d’aller le plus loin possible car, des gens qualifiés, ce sont des gens que le CPAS n’aura plus à aider durant toute leur vie. Il faut savoir que 90 % des bénéficiaires du CPAS sont des personnes infraqualifiées.
Est-ce un phénomène typiquementbruxellois ou le retrouve-t-on ailleurs en Belgique ?
Ce phénomène touche tous les jeunes issus de catégories sociales populaires, défavorisées ou pauvres. On le retrouve à Mons, Liège, Charleroi et aussi à Bruxelles car c’est principalement là qu’on a un réseau d’enseignement secondaire très développé avec aussi des universités et des hautes écoles. C’est évident qu’on est bien plus touché que la petite commune namuroise ou du Brabant wallon.
Peut-on dégager un profil-type de ces bénéficiaires ?
Contrairement aux idées reçues, la majorité des jeunes qui nous sollicitent ne fréquentent pas (encore) l’université ou l’enseignement supérieur. Ce sont surtout des individus de 18 ans inscrits dans l’enseignement secondaire. Nous les soutenons financièrement pour qu’ils achèvent leur cycle car ils sont bien souvent en rupture familiale, d’où la complication accrue pour eux de se débrouiller au quotidien.
Mettez-vous à la disposition des étudiants des aides spéciales à Bruxelles ?
Nous menons une politique sociale globale où les bénéficiaires peuvent avoir accès aux soins, au logement etc. Mais cela dépend de chaque situation individuelle et nous n’avons pas un kit complet à destination de l’étudiant qui viendrait s’installer à Bruxelles. Notre organisme est plutôt bien loti en termes d’aides et je pense que, comme nous, les autres CPAS belges devraient investir dans les jeunes désireux d’étudier plutôt que de les prendre en charge plus tard. Cela coûte à la collectivité pendant trois à cinq ans mais, sur le long terme, c’est une plus-value dans l’épanouissement des individus et le fonctionnement de la société.





