Monica De Coninck, ministre du travail: "Il faudra des immigrants formés et diplômés"
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Comment va évoluer le monde du travail? Pour la ministre de l’Emploi, la question est liée à l’évolution démographique. ”Nous devrons attirer des candidats qui sont formés et diplômés, et offrent un profil différent des gens qui viennent en Belgique aujourd’hui. ”
Belga
“De 300 à 400.000 places vont se libérer dans les prochaines années, suite aux départs à la retraite. Une bonne chose pour les chômeurs? Oui, sauf que dans les grandes villes, il y a beaucoup de jobs qui ne trouvent pas le personnel adéquat, car les gens ne sont pas bien formés. Beaucoup d’élèves quittent l’école à 18 ans sans diplôme. L’Etat... et les employeurs ont là un gros défi à relever.”
La ministre sort ses chiffres: depuis 2010, il n’y a plus suffisamment de jeunes travailleurs (15-24 ans) qui arrivent sur le marché de l’emploi pour remplacer les plus âgés qui le quittent. Parallèlement, les hommes auront gagné deux ans d’espérance de vie et les femmes un an et demi.
Dans un premier temps, la ministre prévoit donc bien une baisse du nombre de chômeurs, puisque les entreprises, pour continuer à fonctionner, devront engager des travailleurs qui seront moins nombreux sur le marché. ”Je pense que les travailleurs verront, en conséquence, leurs conditions salariales s’améliorer et les entreprises investiront plus dans la formation, car elles ne pourront plus se permettre de refuser les candidats dont la formation est insuffisante.”
Mais, ajoute-t-elle, tout cela n’aura qu’un temps. Le risque est grand de voir cette évolution se retourner contre les travailleurs. Cela signifie pour elle la délocalisation d’entreprises qui ne sont plus assurées de trouver la main-d’œuvre suffisante, l’allongement “sans fin” de la carrière (pour financer la sécu) et l’intensification de l’immigration économique.
> Attirer des candidats formés
“C’est un vrai défi pour notre pays. Nous devrons attirer des candidats qui sont formés et diplômés, comme le font le Canada et l’Australie, et offrent un profil différent des gens qui viennent en Belgique aujourd’hui. Il faut bien dire que nous attirons, pour l’instant, surtout des gens à qui on a dit “ non ” ailleurs. Il faut une politique d’immigration économique claire, ce qui ne veut pas dire qu’elle est asociale: on peut accueillir des gens défavorisés, mais pas seulement eux. Il faut un équilibre.”
Retrouvez l’ensemble de cette interview et notre dossier complet sur l’évolution du monde du travail dans nos quotidiens de ce lundi.





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