Charleroi: des prostituées sont restées dans le Triangle, malgré tout
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Monica, fille de joie, se sent seule à la rue des Rivages. (Crédit: T.P.)
Difficile de dresser le bilan du déménagement à la rue des Rivages. Et pour cause: il n’y en a pas vraiment eu. “ Le règlement communal n’a pas eu l’effet escompté. La grande majorité des prostituées sont toujours dans leur ancien quartier ”, observe Martine Di Marino, responsable de l’asbl Dedall qui travaille au quotidien avec les filles du trottoir.
Selon cette professionnelle, les prostituées de la cité rejettent le règlement communal. Elles ne veulent pas traîner leurs talons hauts autour du bâtiment des Finances. Trop d’insécurité, d’isolement. Trop de gars louches et violents. Et puis, personne pour entendre leurs cris en cas d’agression... Alors, malgré l’interdiction, elles continuent à arpenter les pavés du Triangle. Elles s’y sentent chez elles.
“ Au départ, certaines prostituées ont tapiné à la rue des Rivages par peur d’avoir des soucis avec la police et avec la commune, rajoute Martine Di Marino. Mais elles se sont vite rendu compte qu’elles étaient perdantes à suivre les règles. Beaucoup de filles de joie étaient restées dans le Triangle. Les clients continuaient donc à y venir. ”
Un constat que relativise pourtant la police locale de Charleroi... “ Oui, les prostituées qui avaient leurs habitudes dans le Triangle ont du mal à s’en défaire et à quitter les lieux. La police les remet à l’ordre quand on s’en aperçoit, annonce le commissaire divisionnaire Somme. Mais, avec les nouvelles arrivantes, celles qui n’ont pas connu le déménagement, il n’y a aucun souci. Elles respectent la réglementation. ”
De toute façon, les irréductibles Gauloises du Triangle devront capituler. Les pelleteuses débarqueront bientôt dans leur quartier. Fini, alors, d’arpenter les pavés.









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