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Namur: "Maxime Prévot ne sait pas ce qui se passe à l'abri de nuit"

V. Lorent

Les SDF se mobilisent pour dénoncer les conditions d’accueil à l’abri de nuit de Namur. Ils s’appellent André, Daniel, David et Philippe. Tous les quatre sont SDF à Namur. Depuis plusieurs semaines, ils ont décidé de se mobiliser pour dénoncer les conditions d’accueil à l’abri de nuit de Namur. Mais pas seulement, ils ont décidé de s’unir pour aider les autres SDF.

La Meuse Namur

Publié le Mercredi 22 Février 2012 à 23h36

"On l’a fermé depuis trop longtemps, aujourd’hui, on doit dénoncer la manière dont on nous traite à l’abri de nuit et de l’abus de certains éducateurs", dénonce, révolté, Philippe. Car il en a des reproches à faire contre l’accueil des SDF à Namur. "Pour nous réveiller, les éducateurs frappent dans les matelas en nous disant de dégager. Certains nous menacent en disant qu’on risque notre place à l’abri de nuit."

Philippe est loin d’être le seul à se plaindre des conditions d’accueil à l’abri de nuit. D’ailleurs, lundi dernier, ils étaient une vingtaine de SDF à se rendre à l’hôtel de Ville pour dénoncer leur situation auprès de l’échevin de la cohésion sociale, Maxime Prévot (cdH). Ce mardi, une réunion d’urgence est prévue avec les services sociaux.

"Il ne sait pas ce qui se passe à l’abri de nuit", explique André. "On lui a dit que pour avoir une couverture supplémentaire, c’était la croix et la bannière. Et quand on l’avait, les éducateurs coupaient le chauffage."

David, 18 ans, vit depuis deux mois à l’abri de nuit. Comme les autres SDF, le jeune garçon se plaint des conditions de vie sur place: "Les couvertures sales, les douches hors d’usage et dès 6 heures du matin, on te réveille et on te jette dehors que tu sois avec tes affaires ou pas. Si tu oses te plaindre, tu risques ta place. J’ai vraiment l’impression de perdre ma dignité."

Face à cette situation, plusieurs SDF ont décidément de ne plus aller à l’abri de nuit et de s’organiser par eux-mêmes en faisant des maraudes et se regroupant des plusieurs maisons inhabitées à Namur. "Nous ne faisons plus confiance à la Ville, et nous avons décidé de s’aider entre SDF", explique Daniel, mais tout le monde l’appelle "Papy". Dès que l’abri de nuit est fermé, on prend le relais pour venir en aide aux 340 SDF recensés à Namur. On a décidé de lancer cela ces dernières semaines quand les températures sont tombées quand on voyait que plusieurs de nos potes étaient refusés à l’abri de nuit."

Tous les soirs, entre 22 heures et 4 heures du matin, Daniel fait la maraude avec d’autres. Tout ce qu’il réclame, ce n’est pas de l’argent, mais plus d’attention et de reconnaissance pour les SDF. Avec d’autres, ils ont lancé un mouvement pour crier leur ras-le-bol auprès des autorités. les NUL Namurois, pour Nomades Urbains Libres.