Contador positif au clenbutérol à cause de... compléments alimentaires? Il s'exprimera ce mardi
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Si la procédure conduisant à la suspension pour deux ans d'Alberto Contador a été si longue, c'est en grande partie en raison des zones d'ombre recouvrant le dossier. Ainsi, selon le rapport de 98 pages rendu par le TAS, ce lundi, l'Espagnol est "coupable" de ne pas avoir mieux surveillé son alimentation...
AFP
Publié le Lundi 6 Février 2012 à 17
Alberto Contador a été probablement piégé par des suppléments nutritifs contaminés et non par un steak de viande lors du Tour de France 2010, mais l'Espagnol n'en est pas moins coupable de dopage aux yeux des arbitres du Tribunal arbitral du sport (TAS) qui l'ont suspendu lundi pour deux ans (NDLR: avec effet rétroactif jusqu'en juillet 2010). Les 50 picogrammes de clenbutérol (NDLR: une quantité incroyablement faible) retrouvés dans ses urines le 21 juillet ont bien coûté à l'Espagnol sa troisième victoire dans le Tour de France.
Mais toute infinitésimale que soit cette dose de produit dopant, la lutte antidopage a pour principe que chaque athlète est tenu responsable de ce qui est retrouvé dans son corps. A la charge de l'athlète de prouver qu'il n'a pas commis de faute ou de négligence pour échapper à une sanction quasi automatique de deux ans de suspension, ou parvenir à en réduire la durée.
Dans les 98 pages de leur décision, les trois arbitres qui ont entendu l'affaire fin novembre ne parviennent pas à lever le mystère sur la façon dont les traces de cette
substance interdite se sont retrouvées dans les urines du coureur. Mais ils rappellent ce grand principe: puisque la validité du contrôle positif n'était pas remise en cause, il y avait donc bien infraction aux règles antidopage.
La défense du coureur, qui consistait à pointer du doigt un morceau de boeuf importé d'Espagne qu'il avait mangé la veille de son contrôle, ne les a pas convaincus. Ils ont retenu que si le problème peut exister dans certains pays, ce n'est pas le cas en Espagne. Les arbitres n'ont pas adhéré pas non plus à l'hypothèse d'une transfusion sanguine, avancée par l'Agence mondiale antidopage (AMA) et l'Union cycliste internationale (UCI), à l'origine de l'appel devant le TAS.
Les deux instances se basaient sur l'avis d'un expert australien qui, après avoir passé à la loupe les paramètres sanguins du coureur entre 2005 et 2010, avait noté des
"valeurs anormales durant le Tour 2010". Elles soulignaient aussi les fortes concentrations de résidus plastiques mesurés la veille lors d'un contrôle antidopage précédent, pouvant caractériser des transfusions.
Selon le TAS, si "aussi bien le scénario de la contamination de la viande que celui de la transfusion sanguine, étaient, en théorie, des explications possibles pour justifier
un contrôle antidopage positif, ils étaient tous deux hautement improbables". "La présence de clenbutérol a été plus vraisemblablement causée par l'ingestion de suppléments nutritifs contaminés", estiment les arbitres dans leurs conclusions.
Ils penchent ainsi vers la deuxième hypothèse avancée par l'UCI et l'AMA, une hypothèse qu'avait réfutée le coureur lui-même. Alberto Contador a bien admis avoir fait des cures de suppléments alimentaires durant la Grande Boucle, une pratique qui n'est en rien interdite. Mais selon le champion, les produits qu'il avait consommés ne contenaient pas le produit incriminé.
Un nombre important de contrôles positifs ont été reliés à des compléments contaminés. Mais comme le rappelle l'AMA, invoquer "l'utilisation d'un complément alimentaire
mal étiqueté n'est pas une défense adéquate dans une audience liée à un contrôle positif". AFP
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