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La culpabilité pour un triple assassinat requise contre Bruno Werner, qui a tué sa famille à la hache (LIVE)

L’avocat général Pascale Schils a requis ce jeudi après-midi, devant la cour d’assises de Liège, la culpabilité de Bruno Werner, 62 ans, pour un triple assassinat. Selon l’accusation, Bruno Werner a été confronté à son propre échec professionnel et au succès naissant des membres de sa famille. Suivez le procès en live.

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Publié le Jeudi 16 Février 2012 à 16h52

“Il avait peur d’être démasqué et d’être abandonné. Sa porte de sortie, il l’a trouvée dans le passage criminel et en éradiquant sa famille. C’est un crime d’égoïsme”, a exposé l’avocat général.

Pour comprendre les faits commis par Bruno Werner le 25 octobre 2007, il faut selon l’avocat général descendre dans les tréfonds de l’âme humaine et plus spécifiquement dans celle de l’accusé. Celui-ci présente une personnalité narcissique et sensitive. Werner avait une haute opinion de lui ainsi qu’une énorme faille narcissique.

Pédagogue spécialisé dans la gestion non violente des conflits, il était lui-même incapable de supporter le moindre conflit. Il s’était créé une armure qui l’a isolé. “Sa spécialité s’est retournée contre lui. Il a démontré que sa spécialité professionnelle ne marchait pas. Werner a perdu sa référence et savait qu’il n’était plus capable. Il a reçu l’humiliation suprême quand il a constaté que ce qui était de plus achevé chez lui était démoli” a analysé Mme Schils.

Face à Bruno Werner, sa femme Maria Irène était en plein essor artistique. Sa fille Helena était épanouie en Suède. Quand à son fils, il était un petit “clown”. Isolé après son échec sur le plan professionnel, Bruno Werner n’avait plus de perspective. Il ne supportait pas la moindre critique. “Il s’est retrouvé face à une famille qui allait bien sans lui. Avec sa peur panique de l’abandon et du rejet, il s’est senti démoli. Il n’avait plus qu’une seule peur: être démasqué. C’est là qu’il faut trouver l’explication de son geste”, a soutenu l’avocat général.

Pour le ministère public, Bruno Werner a ruminé son geste. Il s’est longtemps retenu d’éradiquer sa famille. Sa volonté était antérieure au jour des faits. Elle était donc préméditée. Quant à sa décision de passer à l’acte, elle a été dictée par les circonstances.

L’occasion s’est enfin présentée pour lui le 25 octobre 2007.

“Bruno Werner n’était pas un dépressif au bout du rouleau. Il a considéré que sa famille allait lui faire mal car elle allait bientôt comprendre qu’il ne serait plus ce qu’il avait été. Il devait éliminer ses proches parce qu’ils allaient lui renvoyer l’image de son échec. Bruno Werner a tué les témoins de sa déchéance. C’est un crime d’égoïsme!”, a lancé Pascale Schils.

Juste avant le réquisitoire de l’avocat général, deux avocats se sont exprimés à titre de parties civiles. Me Pierre Henry et Me Marie-Pierre Detiffe ne représentent pas les proches des victimes puisque ces derniers ne se sont pas constitués. Les avocats sont les curateurs de la succession vacante de Maria Irène Drexler, l’épouse de Bruno Werner. Personne n’a réclamé cette succession.

Les avocats ont affirmé que Bruno Werner avait conscience de ses actes et n’était pas dans une situation délirante au moment des faits.

“Il ne faut pas comparer un acte de folie meurtrière à une perte de contrôle de soi”, ont plaidé ces avocats.