Procès Werner: "L'accusé souffre d'une personnalité sensitive", selon la défense
Matre Magne a plaid ce jeudi (Crdit: Van Ass)
La défense de Bruno Werner a contesté jeudi, lors de sa plaidoirie, la préméditation des faits. Selon Me Magnée, le triple homicide volontaire s’explique en tenant compte de la personnalité sensitive de Werner et d’un geste libératoire face à ses émotions.
Rédaction en ligne
Publié le Jeudi 16 Février 2012 à 18
Lors de sa plaidoirie de défense, Me Xavier Magnée s’est attaché à décrire la personnalité de Bruno Werner. L’accusé était selon l’avocat un homme normal et discret. Il était aussi un spécialiste de la communication qui communiquait très mal et il est devenu un pédagogue de la non-violence qui a tué sa famille. “ C’est un Allemand rigide, pâle, muet, un peu arrogant et cynique ”, a reconnu l’avocat.
Me Magnée a annoncé aux jurés qu’il ne plaide pas la folie de l’accusé au moment des faits, ni le fait qu’il serait actuellement devenu fou. L’avocat ajoute encore qu’il ne s’oriente pas vers la thèse de la contrainte irrésistible. Mais le conseil de Bruno Werner a voulu cerner la cause qui a poussé son client à supprimer les membres de sa famille.
La défense estime que la personnalité défaillante de Bruno Werner ainsi que le contexte dans lequel il évoluait ont joué un grand rôle.
Werner était un homme honnête et travailleur. Son autorité avait été renversée lorsqu’il a été confronté à un jeune qui s’est brutalement opposé à son calme. Mais il s’est senti abandonné et victime d’une exclusion lorsque son métier lui a échappé.
Selon Me Magnée, Bruno Werner souffre d’une personnalité sensitive qui est une variation de la personnalité paranoïaque. Il a réalisé une accumulation progressive de rancœur, d’amertume et de sentiment de culpabilité qui l’a amené à des convictions délirantes. “ Werner se sentait au centre d’un conflit avec les autres et il a tenté de le résoudre par la force ”, a expliqué l’avocat.
Quand Bruno Werner a perdu son travail, il a été dégradé à ses propres yeux alors que, de l’autre côté, sa femme et ses enfants vivaient des moments de plus en plus heureux. “ Il s’est senti blessé, dans une impasse et avec une pression permanente. Cela a mené à une action libératoire et abominable ”, a analysé Me Magnée.
Mais pour la défense, la préméditation des faits doit être contestée. Me Magnée estime que Bruno Werner a ruminé sur les côtés négatifs de sa situation. “ Ruminer, c’est résister mais ce n’est pas préméditer ”, affirme-t-il. Le triple homicide commis le 25 octobre 2007 résulterait donc d’un geste libératoire et spontané.
Les répliques auront lieu vendredi matin. Le jury devrait entrer en délibération en milieu de matinée.
>Retrouvez tout le développement de cette quatrième journée de procès dans La Meuse Verviers de ce vendredi.
>Rejoignez-nous dès 9h ce vendredi matin pour suivre la cinquième journée en direct.
Les + commentés