Publié le Dimanche 1 Octobre 2017 à

Culture > Musique

Michel Fugain rôde la tournée de ses 50 ans de chansons au Forum de Liège: « On est des denrées périssables avec une date de péremption ! »

Pierre Germay

C’est en Belgique et plus particulièrement, vendredi soir, au Forum de Liège que Michel Fugain a entrepris de rôder le spectacle de ses 50 ans de carrière avant une grande tournée en 2018.

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La voix bien ferme et assurée, le chanteur populaire de quelques-uns des tubes les plus marquants de l’histoire de la chanson française et parfois de nos propres histoires personnelles, enchaîne chansons rythmées (« La fête », « Viva la vida », « Les sud-américaines ») et chansons romantiques (« On laisse tous un jour », « Forteresse », « Tout va changer ce soir ») comme si, pour tenir la distance, il veillait à ménager sa monture en début de concert.

Mais aucune crainte à avoir, Michel Fugain, affiche peut-être septante-cinq ans au compteur mais il assure pleinement (« J’ai toujours la frite », comme il le clame au public belge du Forum, non sans un gros clin d’œil !), accompagné de cinq musiciens et de deux choristes dont Sanda, « les yeux verts que j’ai croisés il y a quinze ans et qui partagent ma vie depuis lors ».

Si Michel Fugain a tenu à réarranger certaines de ses chansons, n’ayez crainte, elles correspondent toujours bien à celles de nos souvenirs du passé, de celles qu’on reconnaît dès les premières notes. Ces nouvelles orchestrations sont là simplement pour nous montrer combien ses chansons sont à la fois d’hier et d’aujourd’hui.

De ses cinquante ans de carrière, que Michel Fugain nous propose-t-il de retenir ? Le « Big Bazar » avec lequel il a connu ses premiers grands succès comme en 1972 lorsqu’une chanson d’amour, « Une belle histoire », lui permet « de payer la maison, les contributions et si tu es un peu con, un vison à Madame ! ». Une chanson d’amour suivie en 1973, un an plus tard, d’un baby boum, s’amuse-t-il, y voyant bien évidemment un lien de cause à effet !

Mais Fugain peut se faire plus grave quand il entonne « La bête immonde », une chanson dénonçant toute forme de fascisme avec des paroles qui résonnent pleinement aujourd’hui, au lendemain d’élections allemandes qui ont vu un parti d’extrême droite entrer en force au Bundestag, « comme un vautour qui rampe et ronge tout autour », chante-t-il avec force et conviction.

Ce qui frappe le plus au terme d’une heure quarante de concert censée résumer cinquante ans de chansons, c’est cette référence au temps qui passe : « Nous sommes des denrées périssables, avec une date de péremption », se plaît-il à dire entre deux chansons, non sans un brin d’humour. Avant d’ajouter : « Mais il n’y a pas d’urgence ! ».

Pas d’urgence, certes, mais de chanson en chanson, Michel Fugain oscille entre inquiétude en amour comme dans les paroles de « Chaque jour de plus » (« A quoi ça sert la vie, quand on meurt petit à petit, s’il ne reste plus que l’absence, à quoi veux-tu que je pense »), désabusement comme dans les paroles de « Fais comme l’oiseau (« j’en ai marre d’être roulé par des marchands de liberté (…) est-ce que je dois montrer les dents, est-ce que je dois baisser les bras, je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu »), et envie de faire la fête tant qu’il en est encore temps : « Chante comme si tu devais mourir demain, comme si plus rien n’avait d’importance, (…), aime oui aime… ».

Ou encore quand il reprend « Je n’aurai pas le temps », une chanson écrite, avec Pierre Delanoé pour les paroles, il y a précisément 50 ans, se souvient-il avec une pointe de nostalgie : « Même en cent ans, je n’aurai pas le temps de tout faire… même en courant… même en volant (…). Des milliers de jours, c’est bien trop court, bien trop court ».

Enfin Michel Fugain se sépare de son public en reprenant, a capella s’il vous plaît, après une heure quarante sur scène à septante-cinq ans, chapeau !, « Le chiffon rouge », cette chanson militante qu’il a écrite à l’époque des premières restructurations dans la sidérurgie française, dans les années 70.

Attention Mesdames et Messieurs, dans un instant, ça va commencer. Si vous voulez remonter le temps de vos propres souvenirs en chansons, ne loupez pas Michel Fugain quand il se produira près de chez vous très bientôt.

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