Publié le Samedi 30 Septembre 2017 à

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Matz renonce aux communales pour raison de santé mais ne quitte pas le cdH

Geoffrey Wolff

Vanessa Matz, qui vient d’apprendre qu’elle souffrait d’une maladie orpheline, ne se présentera pas aux élections communales, sauf revirement de dernière minute. Une absence sur la liste cdH à Aywaille qui risque d’être remarquée lors du prochain scrutin. Mais elle ne quitte évidemment pas son parti.


Vanessa Matz suit maintenant le monde politique depuis son domicile.

Van Ass

Vanessa Matz suit maintenant le monde politique depuis son domicile.

Vanessa Matz, conseillère communale cdH à Aywaille et députée fédérale, a disparu du paysage politique depuis fin octobre. A l’époque, elle avait annoncé qu’elle suspendait provisoirement ses activités suite à un problème de hernie discale. Avec l’espoir de remonter en selle quelques mois plus tard.

« Jusque début avril, j’ai mis tout en œuvre pour faire en sorte que les douleurs disparaissent et que ma jambe retrouve sa mobilité, explique-t-elle. Mon intention était de reprendre mes activités mi-mai, mais c’est à ce moment que j’ai développé une maladie orpheline, l’algie vasculaire faciale. C’est une maladie qui se caractérise par des douleurs extrêmement aiguës à la tête, qui viennent par crises.  »

Alors qu’elle était entrée en phase de revalidation, la députée a donc dû faire face à d’autres soucis de santé d’envergure. Qui ne l’ont plus lâchée depuis lors. «  Depuis quatre mois, la douleur m’a lâchée quatre jours. Les médecins ont mis en œuvre tous les traitements qu’ils connaissent, mais pour l’instant, c’est un échec. Mais je n’ai pas encore dit mon dernier mot…  »

Mme Matz ne baisse pas les bras, loin de là. Mais elle a dû se rendre à l’évidence, alors que l’échéance des élections communales se rapproche à grands pas : «  Le bruit est un des éléments qui déclenchent les crises et j’ai en outre la particularité de continuer à avoir mal entre les crises. Dans mon état, je suis donc dans l’incapacité d’être candidate aux communales. Je veux revenir, mais à 100 %. Si on trouve une solution d’ici là, on verra, mais pour l’instant, ce n’est pas possible pour moi d’être candidate.  »

Un forfait pour 2018 qui pose inévitablement la question de son éventuelle participation au scrutin de 2019. «  J’espère être guérie, et être candidate. Mais une chose est sûre, si je vais sur une liste, c’est pour siéger, pas pour faire l’attrape-voix. Je ne mentirai pas aux gens.  »

C’est d’ailleurs cette même raison qui l’a poussée à évoquer sa maladie dans nos colonnes : «  C’est ma vie privée, mais ça a des incidences sur ma vie publique. Même si c’est une étape difficile, ça fait maintenant partie de ma vie et je ne veux donc pas le cacher aux personnes qui s’inquiètent de mon absence  », termine-t-elle. La défection, contrainte et forcée, de Vanessa Matz change donc la donne pour les prochaines communales à Aywaille. Qui, maintenant, mènera la contre-attaque à la tête du cdH ? «  On ne sait pas encore qui va mener la liste, avoue Vanessa Matz, mais on a assez de personnes autour de nous, dont des jeunes qui ont beaucoup travaillé. Et, depuis le début de la législature, on a déposé beaucoup de projets, donc je ne suis pas trop inquiète.  »

« Pas un coup à gauche, un coup à droite »

Si Vanessa Matz a mis sa carrière politique entre parenthèses depuis maintenant près d’un an, pas question pour autant d’y voir une manière de quitter le navire cdH en train de sombrer, comme certains pourraient être tentés de le penser.

Au contraire, elle réfléchit plus que jamais à l’avenir de son parti, confronté, comme toutes les autres formations traditionnelles, à un certain rejet de la part de la population.

«  Le cdH, ce n’est pas un coup à gauche avec le PS, un coup à droite avec le MR, estime-t-elle. Le centre, c’est une doctrine à part entière. tant qu’on n’aura pas réaffirmé clairement ce que c’est, ça n’ira pas. Le cdH doit maintenant se définir comme une entité propre, en se définissant par rapport aux nouveaux enjeux de société.  »

Mais qu’est-ce que le cdH justement ? Surtout, il n’est pas le MR manifestement : «  Le MR, c’est l’entre-soi. Le cdH, c’est l’entre-nous. Notre doctrine veut placer l’homme au centre, dans toutes ses dimensions. Et c’est une doctrine non-matérialiste. Or, toutes ces valeurs n’ont jamais été aussi importantes dans notre société.  »

Un message qui semble avoir de plus en plus de mal à passer chez l’électeur, si on en croit les derniers sondages. La faute à quoi ? «  Il faut qu’on fasse un effort au niveau de la lisibilité de notre message, estime Vanessa Matz. Il faut, dans les semaines et les mois qui viennent, qu’on se consacre à notre discours, qu’on fasse savoir de manière beaucoup plus claire ce que nous voulons. parce que je pense qu’aujourd’hui, notre projet est clairement celui qui répond le mieux aux enjeux actuels. Mais on doit se mettre en marche collectivement, ne plus avoir peur de notre ombre en craignant qu’on ne nous lie au PS ou au MR. On ne se définit pour l’instant que par rapport aux autres. Or, on doit maintenant se définir par rapport à ce que nous sommes et oser dire aux gens ce qui ne va pas, même quand ça ne leur plaît pas. Je ne fais pas de la politique pour plaire, j’en fais parce que j’ai un engagement fort pour les citoyens… »

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