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Centre: faut-il vendre les bijoux de famille?

L’achat d’or n’est pas nouveau, mais au vu des cours, les demandes se multiplient. Photo prétexte

L’achat d’or n’est pas nouveau, mais au vu des cours, les demandes se multiplient. Photo prétexte

Depuis le début de la crise économique et financière, l’or a confirmé son statut de valeur refuge. Et son prix ne cesse de grimper. Affiché hier à 37.461, € le kilo il pourrait, selon les experts encore progresser. Ce qui a incité bon nombre de citoyens à vendre...

Jean-Paul Cailleaux

Publié le Mercredi 3 Août 2011 à 20h43

Et pour vendre, il faut des acheteurs. Ils sont de plus en plus nombreux. Comme à La Louvière où un horloger-bijoutier propose de racheter de l’or. Quel or? Celui contenu dans des bijoux, des pièces de monnaie. Un commerce qui semble se généraliser chez nous comme ailleurs. Commerce qui n’a rien d’inédit dans la mesure où de nombreux bijoutiers, officiellement ou non rachètent depuis toujours de petites quantités d’or. Non sans expertise et sans garantie...

La flambée des cours a bien évidemment boosté les ventes et beaucoup de gens en ont profité et profitent encore pour vider leurs fonds de tiroirs, éliminer certains bijoux inutilisés, démodés. “ La nécessité a aussi poussé des gens à se séparer de leurs bijoux de famille confiait aussi un bijoutier qui a tenu à rester anonyme, mais ce mouvement semble se calmer pour l’instant. Les cours se sont un peu tassés et certains se disent qu’il vaut peut-être mieux attendre. Mais c’est vrai aussi, parfois, certains n’ont pas le choix et se décident, la mort dans l’âme à se séparer de bijoux qui ont parfois une valeur sentimentale importante... ” Mais quand le besoin ou la nécessité se font sentir...

Comment ça se passe?

Il va de soi que ceux qui ont la chance de posséder des lingots, voire des pièces d’or cotées ne les négocieront pas auprès de ces bijoutiers. Ils s’adresseront à une banque qui, elle veillera à appliquer le cours officiel.

Chez les bijoutiers ou les courtiers, l’or n’est jamais acheté à son cours officiel. Bien évidemment. L’acheteur prendra sa commission et devra aussi répercuter le coût des opérations de fonte... Car tous ces petits bijoux seront réunis, fondus et pourront redevenir lingots...

Pierre de touche, acide

Reste que le professionnel qui pourra acheter votre or, va d’abord veiller à vérifier son poids et sa qualité. Car les bijoux ne sont pas faits d’or pur, mais de mélanges plus ou moins chargés en or. Bref, tout l’or n’est pas 18 carats (voir ci-dessous). “ Il faut contrôler d’abord que nous n’avons pas affaire avec du plaqué. Pour cela, nous utilisons un moyen classique. Une pierre de touche. C’est une tablette de pierre spéciale que nous frottons sur le bijou. Si c’est du plaqué, on va érafler la surface plaquée. Si pas, de fines particules d’or se déposeront sur la pierre. Pour connaître le titrage de l’or, il suffit alors de déposer quelques gouttes d’acide sur l’objet à analyser. Cet acide attaque tous les métaux. Sauf l’or, et différents acides permettent d’identifier précisément la teneur en or... ”

Une fois le bijou pesé et authentifié, reste bien sûr à calculer ce que le bijoutier ou le courtier vous en propose. Et là, c’est vrai que c’est souvent la déconvenue. Un bijou acheté 100 € ne contient peut-être pas une telle valeur en métal précieux...

Mais il s’agit d’une transaction et le vendeur reste libre d’accepter ou de refuser le prix proposé. “ Si l’acheteur accepte, nous devons bien évidemment vérifier son identité et la consigner en définissant les objets vendus. C’est une obligation légale et nous ne tenons pas à écouler le fruit de vols, d’agressions, voire de faits plus graves...

Et notre bijoutier en convient, l’évolution des cours de l’or a été telle qu’elle a incité beaucoup de gens à vendre. “ De petites quantités. ceux qui ont de plus grandes quantités, eux semblent plus conservateurs. Même si les cours ne progressent plus trop pour l’instant, l’or reste une valeur refuge.

Raison de plus, même en petite quantité pour ne pas le brader.