Publié le Lundi 2 Octobre 2017 à

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Au cœur du premier semi-Marathon des sables (vidéo)

Charlotte Vanbever

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Quelque 120 kilomètres de parcours sablonneux et accidenté, dans le désert de Fuerteventura, une des îles des Canaries. C’est la moitié du Marathon des sables, qui se tient depuis 32 ans dans le Sahara. 300 concurrents – dont 7 Belges – ont pris le départ de ce semi ce mardi. En marchant ou en courant, ils sont déterminés à aller au bout de ces 4 étapes…

Marathon des Sables

Lundi était un jour de repos, le dernier, pour tous les participants au départ de ce premier semi-Marathon des sables. Une quarantaine de nationalités (du Canada au Japon) sont rassemblées sur l’île de Fuerteventura, paradis des surfeurs, autour des postes de contrôle dans le très accueillant décor du complexe La Pared Playitas. Après, ça s’annonce plus rude. Le ciel est gris, mais la chaleur est plombante.

De 18 à 77 ans

Ces sportifs ont entre 18 et 77 ans. A 70 %, ce sont des hommes. Tous sont partis, ce mardi, et pour quatre jours durant, avec le même handicap : un sac à dos lourd de quelques kilos, transportant nourriture et sac de couchage et kit indispensable (couteau, boussole…).

Au contrôle technique préalable à la course, on ne plaisante pas : au total, chaque coureur doit prendre le départ avec au moins 8.000 kilocalories dans le dos. De quoi tenir quatre jours… Car à l’instar de l’historique Marathon des sables, ici, on survit en autosuffisance. Barres protéinées et sachets de nourriture lyophilisée à gogo (à faire chauffer le soir autour d’un feu de bois…)

Médicalement aussi, le contrôle est nécessaire : chaque participant fournit un certificat l’autorisant à prendre part à la course de même qu’un électrocardiogramme datant d’un mois maximum. Et même si l’ambiance est amicale, l’esprit à l’entraide, l’encadrement médical fait aussi la part belle à la lutte antidopage. Mais c’est surtout l’élite des coureurs, comprenez ceux qui viennent ici faire un chrono, qui est dans le viseur. Afin d’éviter toute triche, des contrôles aléatoires sont aussi organisés entre le premier jour et l’arrivée, afin de s’assurer qu’aucun participant ne s’est déchargé d’une partie de son matériel (nourriture comprise) en cours de route, histoire de courir plus léger…

Comme dans « Star Wars »

Voilà pour l’aspect compèt. Pour l’esprit en général de ce trail de 120 kilomètres, première édition, c’est Patrick Bauer, créateur dans les années 80 du Marathon des sables (et ses 250 kilomètres de course dans le désert du Sahara), qui en parle le mieux : «  Il y a l’aspect sportif, l’aspect festif mais aussi la réflexion sur soi. C’est l’occasion de se poser des questions plus existentielles. Loin de l’agitation du quotidien.  »

Ce voyage au bout de soi-même n’a pas de prix… Enfin, un peu quand même. Un peu moins de 1.000 euros pour toute la prise en charge durant ces 4 jours, hébergement pour tous en bivouac, balise « spot » de sécurité éclairant chaque coureur à chaque pas et bénévoles encadrant les épreuves ultra-disponibles. Quand on aime, on ne compte pas. Et puis, il y a le site où sont posées les tentes… Celui-là même qui accueillait il y a encore quelques mois le tournage de « Star Wars 8 : Les derniers Jedi », qui sortira à la fin de l’année. Il y a pire comme décor.

Sept Belges au départ

Au moment de prendre le départ de ce premier semi-Marathon des sables (HMDS pour les intimes), ils sont comme de vieux amis. Dimanche soir encore, profitant des commodités d’un des hôtels partenaires de l’événement (Playitas), verre de vin à la main, ils trinquaient à ces 4 jours d’effort intense qui s’annoncent. Tous, sauf Jean (de Gand, parfait francophone), qui n’en est pas à son premier Marathon des sables. En 2009, il passait la ligne d’arrivée au Maroc. Il court 5 fois par semaine, suit le programme d’un médecin sportif et participe à un ou deux trails par an. Dès lors, pas besoin de changer ses habitudes pour ce semi, le « doyen » des Belges sur cette épreuve (59 ans) ne mange que rarement des frites à la maison. Au contraire d’Edwin, de Visé, et cadet du groupe (32 ans). Ce semi-Marathon des sables, c’est son premier ultra trail. Et, nous dit-il, il n’a pas «  suivi d’entraînement spécifique  » pour s’y préparer. «  J’ai décidé de m’inscrire ici pour l’ambiance bivouac, le côté aventure et la camaraderie  ».

« Besoin de ce challenge »

Si aucun de ces nouveaux amis belges n’est venu ici pour réaliser un chrono, Dirk (43 ans, Anvers) a, lui, une motivation supplémentaire. Habitué des marathons, il vient de perdre son papa. «  J’ai besoin de ce challenge  », nous glisse-t-il, alors que le groupe vient de terminer son dernier vrai repas avant la mise en route, depuis le bivouac. Pour Olivier, de Fragnée, l’aventure ce n’est pas tellement ce qu’il recherche au départ dans la course à pied. «  Je déteste le trail ! J’ai gagné ma participation avec un concours ! Je me préparais pour le marathon d’Amsterdam à la mi-octobre et ce semi est venu s’intercaler dans mon entraînement. Je vais le faire cool !  »

« pour les paysages »

Pour Dolorès (38 ans), juriste et originaire de la région liégeoise, la préparation à ce semi-marathon était loin d’être dilettante. «  Je suis allée voir, il y a 6 mois, un diététicien sportif qui m’a fait un programme d’entraînement. Avec du renforcement musculaire, de la course et du vélo. J’ai aussi adapté mon alimentation, surtout dans la dernière semaine. J’ai augmenté ma quantité de glucides et de protéines. » Elle se dit «  novice dans les trails  », ayant à son compteur un marathon (de Rotterdam). Elle avouait ressentir un peu de «  peur  » avant de prendre le départ à Fuerteventura. «  Je ne suis pas à l’aise dans les dénivelés. J’ai peur de me blesser… Mais j’adore le trail pour ces paysages. Mon objectif est simplement de finir ce trail. » Dans son sac à dos, qu’elle transbahutera d’étape en étape, des plats lyophilisés qu’elle a testés à la maison avant le départ (notamment à base de pâtes, de poisson et de pommes de terre) : «  C’est meilleur que ce que je pensais  », nous lance Dolores, «  et j’ai de la compote comme dessert  ». Un sacrifice alimentaire pour certains, mais surtout un mal pour un bien pour tous ces passionnés de course à pied de l’extrême.

Ch.V.

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