Publié le Dimanche 24 Septembre 2017 à

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Sagan, champion du monde pour la 3e fois, pensait «que c'était perdu»

Rédaction en ligne

A cinq kilomètres de l’arrivée, Sagan pensait que ses chances de succès s’étaient envolées alors qu’Alaphilippe était seul en tête.

Photo News

Peter Sagan, discret durant toute la course, a surgi in extremis dimanche à Bergen (Norvège) pour enlever son troisième titre de champion du monde en trois ans, une performance inédite dans le cyclisme, au terme d’une course enflammée par le Français Julian Alaphilippe.

«  Dans les cinq derniers kilomètres, j’ai pensé que c’était perdu. On a tous essayé d’y aller, moi, Gaviria, et on a réussi à revenir  », a reconnu le Slovaque. Mais Alaphilippe et son compagnon d’échappée, l’Italien Gianni Moscon, ont été rejoints à 1500 mètres de la ligne, sans que la télévision, réduite à ses caméras fixes, puisse retransmettre ces instants-clé de la course majeure de l’année.

«  Je suis désolé pour Kristoff qui courrait à domicile, mais je suis heureux de gagner à nouveau. C’est incroyable  », a ajouté le Slovaque. Avec son troisième titre de suite, il réussit un exploit jamais réalisé dans le cyclisme. «  Bien sûr, c’est quelque chose de spécial. Cela ne change rien pour moi, mais c’est une belle sensation. C’est une belle manière de terminer la saison.  » Sagan est resté prudent dans les jours précédant la course. «  C’était difficile de prévoir ce qui allait se passer. Sur l’ascension finale, le groupe a éclaté en trois morceaux. Les coureurs derrière nous nous ont rejoints, et devant, il y avait une échappée. Finalement, c’était une question de secondes. Tu ne peux pas le prévoir. Si quelqu’un était plus fort devant, il aurait pu rester jusqu’au bout.  » «  Je dois remercier mes équipiers de l’équipe nationale et les amis que j’ai encore dans le peloton (rire). Je veux dédier ce titre en premier lieu à Michele Scarponi (décédé accidentellement en avril dernier, Ndlr), qui aurait dû avoir son anniversaire demain. Je souhaite le meilleur à sa famille. Et je le dédie aussi à mon épouse, qui est enceinte.  »

Alaphilippe passe près

Par son attaque tranchante dans la dernière ascension de la côte de Salmon Hill, à 11 kilomètres de la ligne, Alaphilippe a longtemps fait figure de vainqueur en puissance. «  J’y ai vraiment cru, j’ai donné tout ce que j’avais  », a déclaré le puncheur français, très déçu à l’arrivée (10e).

Passé déjà près de l’exploit aux JO de Rio (4e après une chute), Alaphilippe a distancé Moscon sur les pavés d’un faux-plat montant aux 4500 mètres. Seconde par seconde, le jeune Italien (23 ans), très en vue dans les classiques du printemps, a grignoté son retard pour revenir sur le Français aux 2 kilomètres. «  À partir de là, les carottes étaient cuites  », a regretté Cyrille Guimard, le nouveau sélectionneur français. «  Moscon n’allait pas rouler  ».

Le retour du peloton, aux 1500 mètres, a rebattu les cartes et, à ce jeu-là, Sagan a tiré une nouvelle fois le bon numéro. En conclusion d’une saison qui l’a vu échouer dans les grands rendez-vous et perdre son maillot vert du Tour de France, après son exclusion pour sprint dangereux.

«  C’est une année magnifique  », a réagi le triple champion du monde dont la femme attend un premier enfant. Il avait auparavant dédié ce titre au coureur italien Michele Scarponi décédé accidentellement en avril dernier : «  Je pense très fort à lui. »

Le sacre de Bergen lui permet de rejoindre au palmarès les quatre coureurs (l’Italien Alfredo Binda, les Belges Rik Van Steenbergen et Eddy Merckx, l’Espagnol Oscar Freire), qui comptent trois succès dans la course arc-en-ciel. Mais il est le seul à avoir gagné trois fois de suite.

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