Publié le Jeudi 21 Septembre 2017 à

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Le Cwarmê a bien failli être mortel

Rédaction en ligne

Le dernier carnaval de Malmedy aurait bien pu se terminer par un drame mortel. En effet, à l’issue d’une bagarre, un jeune homme a failli être envoyé « ad patres » d’un coup de couteau donné par un disc-jockey qui n’avait rien à voir dans l’histoire.


La bagarre s’est produite pendant les festivités du carnaval à Malmedy.

Prétexte NL

La bagarre s’est produite pendant les festivités du carnaval à Malmedy.

Il est 3 heures du matin, ce 26 février dernier. La soirée de carnaval de Malmedy touche à sa fin, et les patrons du café belgo-turc rue Neuve n’ont qu’une envie, celle de fermer l’établissement. Lorsqu’y entrent encore deux individus qui commandent une consommation, qui leur est logiquement refusée. Commence alors une échauffourée dans laquelle des propos racistes à l’égard d’une jeune femme sont émis. L’affaire dégénère en bagarre.

C’est alors que Patrick (46 ans), le disc jockey engagé pour la soirée, croit malin d’intervenir. «  Pour les séparer  », dira-t-il. Selon ses dires, il reçoit alors de la part d’un certain Stéphane un coup de poing en pleine figure qui le jette par terre. À moitié groggy et furax, il se relève et saisit dans la poche de sa veste un Opinel qu’il plonge dans le ventre de son adversaire. La lame s’enfonce entièrement, évitant de peu le foie et les intestins. Perdant beaucoup de sang, Stéphane a cependant pu être sauvé par les services de secours intervenus rapidement. Mais il a eu chaud.

PROVOCATION, OU PAS ?

Devant le tribunal correctionnel où il est poursuivi, libre, pour coups et blessures, on sent Patrick tout marri de son geste, qui aurait pu être fatal à Stéphane. «  Je n’aurais jamais dû me mêler de ça, ni réagir comme ça. Je m’en voudrais toute ma vie. Mais il m’a provoqué par son coup de poing.  »

Un coup de poing qui n’est cependant confirmé par aucun témoin, et même contesté par Stéphane qui affirme ne l’avoir que repoussé.

Mais pourquoi diantre portait-il un couteau sur lui ? «  C’est un couteau dont je me sers tous les jours dans mon travail pour couper des liens. Je sais, je n’aurais jamais dû le prendre avec moi au carnaval.  »

Pour Fleur Collienne, ministère public, on a été à un cheveu du drame absolu, dont les conséquences sont heureusement limitées. Mais on ne peut accepter un tel comportement, d’autant plus que ce n’est pas Stéphane qui a envenimé la situation. Pour elle, rien ne prouve qu’il y ait eu provocation de sa part, et ce d’autant plus que Patrick n’avait rien à voir dans l’histoire. Considérant que ce dernier n’a aucun casier judiciaire, elle réclame une peine de travail suffisamment longue que pour le faire réfléchir.

Son avocat M. Garot maintient qu’il y a bien eu provocation de la part de Stéphane, car si Patrick est intervenu, c’est pour séparer les bagarreurs, afin de calmer les esprits. Il a mal réagi, certes. Il demande une peine modérée.

Jugement dans un mois.

LUC BRUNCLAIR

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