Publié le Mercredi 20 Septembre 2017 à

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Homicide d'un nonagénaire à Trooz: Martine Dewitte voulait «faire mal» à André Harray

Belga

Martine Dewitte, une habitante de Trooz âgée de 49 ans poursuivie devant la chambre criminelle du tribunal correctionnel de Liège pour avoir commis l’assassinat d’André Harray, son voisin âgé de 98 ans, a exposé mercredi lors de son interrogatoire qu’elle souhaitait depuis longtemps le décès de la victime. Elle l’accuse d’avoir abusé d’elle quand elle était âgée de 7 ans.

Le samedi 24 septembre 2016 vers 17h15, Martine Dewitte (photos) s’était présentée chez son voisin âgé de 98 ans et l’avait tué de plusieurs coups. Elle avait exposé qu’elle s’était ainsi vengée de cet homme qui l’aurait sexuellement abusée 41 ans plus tôt, alors qu’elle n’était encore qu’une fillette âgée de 7 ans.

> Les photos de Martine Dewitte ce mercredi matin au tribunal correctionnel.

Interrogée par les trois juges de la chambre criminelle, Martine Dewitte a expliqué qu’elle était âgée de 6 ou 7 ans lorsqu’elle avait été confiée à la garde de son voisin le mercredi après-midi. C’est à ces occasions que l’homme avait abusé d’elle. Martine Dewitte a détaillé les abus sexuels et les viols subis. Elle dit avoir porté ce poids durant toute sa vie et n’avoir jamais osé en parler à ses parents. Seules quelques amies d’enfance avaient recueilli ses confidences.

Après une altercation avec André Harray survenue en 1991, ce voisin avait porté plainte pour coups et insultes contre Martine Dewitte Elle avait alors dénoncé les faits d’abus dont elle avait été victime dans le passé. Mais l’affaire avait été étouffée après l’intervention du curé du village en faveur d’André Harray. Seules persistaient dans le village quelques rumeurs au sujet de l’instituteur dont on disait qu’il fallait l’éloigner des jeunes enfants.

Martine Dewitte a exposé au tribunal qu’elle ne sait pas exactement pourquoi, le 24 septembre 2016, sous l’influence d’antidépresseurs, elle s’est rendue chez André Harray munie d’un couteau. «  Je ne sais pas ce qui a déclenché mon geste. J’ai eu cette idée d’aller lui faire du mal. J’avais envie de le rabaisser comme il m’avait rabaissée. Je n’étais pas bien. J’ai déposé le couteau et, lorsqu’il a ouvert la porte, je l’ai frappé avec mes mains. Depuis qu’il est mort, je vais bien. Je n’ai plus d’angoisse. Je n’ai plus de nausée et je suis calme. J’ai toujours souhaité sa mort. Mais je ne suis pas une agressive et je ne me suis jamais crue capable de tuer quelqu’un », a précisé la prévenue.

La scène fatale à André Harray s’était déroulée en deux temps. Martine Dewitte avait d’abord porté une série de coups avant de quitter les lieux. Elle y était ensuite revenue pour une seconde scène. L’endroit avait notamment été saccagé. Martine Dewitte a détaillé les raisons de ce saccage. «  Il y avait la photo de mariage de leur couple accrochée au mur. J’ai été horripilée par cette photo. Je ne comprends pas comment on peut passer toute une vie à faire la politique de l’autruche  », a-t-elle précisé.

Martine Dewitte a ajouté qu’elle regrette d’avoir fait de la peine à ses enfants et aux personnes qu’elle aime. Elle n’a par contre formulé aucun regret quant à la mort d’André Harray.

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