Publié le Mercredi 13 Septembre 2017 à

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L'oeuvre «Jésus meurt sur la croix» volée à la collégiale Sainte-Waudru retrouvée en Italie après 37 ans!

Rédaction en ligne

Un retable d’une valeur inestimable dérobé le 2 juillet 1980 à la Collégiale Sainte-Waudru vient d’être retrouvé en Italie par les carabiniers œuvrant pour la protection du patrimoine culturel de Rome. L’œuvre en question, une peinture de l’école flamande datée de 1520 et intitulée « Jésus meurt sur la croix ». représente la douzième station du chemin de croix et mesure tout de même 1,75 mètre sur 1,25 mètre !

Cette peinture religieuse a été découverte parmi une centaine d’autres œuvres récupérées par la protection du patrimoine dans le cadre de l’opération « Start Up », qui a mené à l’arrestation de vingt personnes pour vols et recels de biens volés. L’ensemble du butin mis au jour, d’une valeur de près de 7 millions d’euros est le fruit de 24 vols qui ont été perpétrés à l’encontre d’églises et d’institutions religieuses.

Hormis le « Jesus meurt sur la croix » volé à Mons, on y retrouve notamment une statue en marbre blanc de la « Vierge à l’enfant » volée en 1997 à l’église Santa Marta de Naples ; Une statue en bois représentant Saint-Nicholas de Bari, datant du XVIII è  siècle dérobée à l’église « Madonna des Anges » de Barrea (Aquila) ; Mais également des ostensoirs, des calices, des peintures à l’huile… dérobés dans diverses provinces d’Italie. Toutes ces œuvres ont aujourd’hui été ou sont sur le point d’être restituées à leurs propriétaires.

L’enquête très complexe, toujours en cours, qui a mené à cette heureuse découverte, a permis de retracer le parcours des œuvres volées qui étaient ensuite revendues dans la province de Rome. Une vaste organisation criminelle au centre d’un trafic international, qui avait sa base logistique dans la province de Naples, a pu être identifiée. Le point culminant de l’enquête a été la reconstitution d’un vol commis dans l’église « San Michele » sur la place de Monteroduni, un village de la province d’Isernia.

Selon nos confrères italiens de « cronacacaserta », certaines « personnalités bien connues » qui étaient au courant de la provenance de ces œuvres n’auraient pas hésité à financer l’organisation criminelle en question, en vue de récupérer les biens pour décorer leur habitation privée. Dans ce contexte, des terminaux de réception des œuvres, ont été localisés à Ciampino où étaient concentrées des œuvres particulièrement précieuses, dont le retable volé à Mons il y 37 ans. !

À noter, toujours selon nos confrères italiens, que les personnalités soupçonnées ne possèdent pas de casier judiciaire. L’un d’entre eux est issu d’une famille de collectionneurs d’œuvres d’art à caractère historique ou religieux. Les œuvres étaient, semble-t-il, livrées à domiciles par des intermédiaires après une négociation financière. Les enquêteurs italiens s’attachent à reconstituer les flux financiers liés à ces opérations.

La semaine dernière, la police judiciaire fédérale a pris contact avec la Fabrique d’église pour l’informer de cette heureuse nouvelle. « C’est une très bonne nouvelle après 37 ans, » a réagi le président de la Fabrique d’Église, Pierre Dufour. « Après avoir eu un contact avec Interpol, la police nous a contactés. Ils pensaient avoir retrouvé ce tableau qui venait de la collégiale. En 1980, je n’étais pas encore aux affaires. Alors j’ai effectué des recherches et j’ai retrouvé un album qui répertoriait toutes les œuvres volées la nuit du 1 er  au 2 juillet 1980. Nous avons comparé les photos avec celles qui nous ont été envoyées et nous avons constaté que le tableau correspondait à l’une des photos. On en est là. L’information a été communiquée aux Italiens et nous attendons à présent des nouvelles. »

Selon ce que nous a indiqué Pierre Dufour, ce tableau d’auteur anonyme, qui représente un christ en croix après flagellation entouré par les deux larrons, serait apparemment en bon état. « D’après la police, il pourrait revenir à Mons assez rapidement, c’est-à-dire dans deux ou trois mois. »

« C’est une très très bonne nouvelle, » a de son côté estimé le conservateur du Trésor de Sainte-Waudru Benoît Van Caenegem. « C’est une partie du patrimoine de tous les montois qui revient chez nous. Les citoyens et les touristes qui viendront pourront bientôt à nouveau l’admirer. »

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