Publié le Samedi 12 Août 2017 à

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Kevin Borlée: «J'espère qu'on sera récompensés»

Philippe Vande Weyer, envoyé spécial à Londres

Les relayeurs belges du 4 x 400 m, satisfaits de leur série, veulent donner le maximum pour décrocher enfin une médaille mondiale.

Photo News

Les Belgian Tornados étaient à la fois contents et soulagés, ce samedi midi, après leur série du 4 x 400 m, aux Mondiaux de Londres. Le tirage au sort ne les avait, en effet, pas gâtés et la crainte de ne pas terminer à l’une des trois premières places, directement qualificatives, était bien présente. Mais finalement, tout s’est bien terminé pour des Belges, qui ont pu compter sur Kevin « Killing » Borlée qui, fidèle à son habitude, a frappé dans la dernière ligne droite en dépassant, par la gauche s’il vous plaît, le Britannique Martyn Rooney pour lui chiper la 3 e  place derrière les Etats-Unis et Trinité-et-Tobago.

«  Tout le monde se décale toujours et moi, je n’ai pas envie de faire 402 mètres ! Ce n’est pas toujours la meilleure tactique, mais voilà !  »

Le dernier homme de l’équipe belge, victime d’une violente attaque de gastro-entérite dans la nuit de dimanche à lundi dernier, était soulagé d’avoir finalement tenu le choc au terme d’une semaine très compliquée pour lui.

«  Lundi et mardi, j’étais encore incapable de faire quoi que ce soit, mercredi, j’ai essayé de m’entraîner mais ce n’était pas possible, jeudi, j’ai commencé à débouler et vendredi, c’est le premier jour où je me sentais OK, explique Kevin Borlée. Ce matin, c’était encore un point d’interrogation. Je ne savais pas comment les jambes allaient répondre. Maintenant, je sais que ça va, mais demain (dimanche), ça ira encore mieux.  »

La certitude d’être dans le top 3

Robin Vanderbemden, qui lui avait passé le témoin en quatrième position, avoue qu’il était pratiquement sûr qu’il allait réussir à se hisser parmi les trois premiers.

«  Quand je prends le témoin, je vois qu’il y a un groupe de trois qui est un peu loin devant, dit-il. Comme Jacques me l’avait demandé, j’ai essayé de boucher le trou le plus rapidement possible, de jouer sur ma vitesse. Je reviens sur l’Anglais dans le début de la ligne droite. J’aurais pu l’attaquer, mais j’ai senti qu’il ne fallait pas faire le con ; si je le passais, je risquais de le payer cash après. J’ai préféré rester derrière et attendre la dernière ligne droite pour bien finir. Connaissant Kevin, je savais que si je lui passais le témoin en 4, on finirait au pire… 4es !  »

Jonathan Borlée, placé au 2, a connu plus de difficultés que d’habitude au moment du rabattement, un des moments essentiels de la course. «  On est tous partis à fond et je me suis fait enfermer malheureusement. J’ai donné le maximum aux premiers cent mètres et je ne savais rien faire, à part ralentir. Ce n’était pas l’idéal mais j’ai quand même bien terminé. Tout le monde a fait son job et on termine avec un très bon chrono dans la série la plus difficile. Je suis content qu’on s’en sorte avec la 3 e  place.  »

Quatrièmes à 3 centièmes de la médaille de bronze, l’an dernier, aux Jeux de Rio, les relayeurs belges vont-ils enfin décrocher une médaille mondiale, eux qui en ont déjà récolté deux d’or (2012, 2016) et une de bronze (2010) aux championnats d’Europe ?

«  Il y a toujours une médaille à aller chercher, reconnaît Dylan Borlée. Il faudra rester concentré, ne pas s’affoler. On a très bonne équipe, dans laquelle règne une très bonne ambiance et il faudra capitaliser là-dessus.  »

Il faudra jouer des coudes pour être récompensé

Une partie de l’horizon s’est, en tout cas, dégagée, avec les éliminations de grosses nations comme la Jamaïque et les Bahamas, médaillées d’argent et de bronze aux Jeux de Rio, et le Botswana, qui avaient tous laissé au repos certains de leurs meilleurs coureurs.

«  Il y a des pays qui ont sous-estimé le reste du plateau en ne mettant pas leurs meilleurs éléments, convient Jonathan Borlée. C’est comme ça. Demain (dimanche), c’est une autre course. Je crois qu’on est capables d’aller chercher le record de Belgique mais il faudra être à notre meilleur niveau un second jour. La médaille ? Elle est possible. Elle l’était l’année passée et on ne l’a pas eue, cette année, on verra. En tout cas, on donnera le maximum.  »

Pour Kevin Borlée, aussi, la récompense sera peut-être – enfin – au bout du chemin. «  On travaille dur chaque année et on arrive chaque fois à faire des perfs, plaide-t-il. Une finale de plus, dans un stade incroyable, avec une atmosphère de dingue, ça va vraiment être chouette. On a beaucoup de potentiel, on peut aller très vite. J’espère qu’on sera récompensés. Avec notre chrono de l’an dernier, à Rio (2.58.52), on aurait dû à tous les coups finir sur le podium et on ne l’a pas fait. Ça va jouer beaucoup des coudes, à nous de nous placer, à être intelligents tactiquement, et à nous battre avec les autres.  »

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