Publié le Jeudi 20 Avril 2017 à

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Opérations de secours au Moyen Orient: Charles Michel ne condamne pas le sondage de Theo Francken

Belga

Le premier ministre Charles Michel a pris jeudi la défense du secrétaire d’Etat à l’Asile, Theo Francken, pris vivement à partie par l’opposition à propos d’un sondage qu’il a lancé sur Facebook.

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Dimanche, M. Francken (N-VA) a interrogé ses nombreux «suiveurs» sur les réseaux sociaux à propos des opérations de secours menées par le gouvernement au Moyen-Orient. En deux ans, 600 chrétiens ont ainsi pu être sauvés de Syrie. Les internautes avaient le choix entre quatre affirmations: ils soutiennent ces opérations en faveur de minorités religieuses (chrétiens, druzes, yézidis), ils estiment qu’il ne faut pas faire un effort supplémentaire envers les minorités religieuses concernées, les opérations ne doivent pas dépendre de la croyance ou de la culture, il faut pas d’opérations supplémentaires, que ce soit pour des chrétiens ou des musulmans.

L’initiative a suscité une vive polémique. Certains l’ont qualifiée de «nauséabonde» tant elle leur paraissait insidieuse en distinguant les victimes musulmanes du conflit des autres.

«A aucun moment, il ne s’agit d’exprimer une discrimination, une stigmatisation», a souligné M. Michel qui a rappelé des résolutions approuvées à la Chambre et au parlement européen visant la protection des minorités au Moyen Orient.

Le chef du gouvernement n’a pas rappelé à l’ordre M. Francken comme il l’avait fait, en deux temps, quand celui-ci s’en était pris à Médecins sans Frontières. «Lorsqu’il y a des choses à dire, je le fais sans ambiguïté», a-t-il affirmé.

«Vous déshabillez la démocratie! A aucun moment, vous n’avez condamné le sondage de M. Francken!» a déploré Julie Fernandez-Fernandez (PS).

«Un membre de votre gouvernement fait son beurre sur les réfugiés pour monter dans les enquêtes d’opinion. (...) Aujourd’hui, ça pue les année ’30», a averti Benoît Hellings (Ecolo).

«Oui, il était nécessaire de mettre les points sur les ’i’ à propos de la confiance entre nous»

Par ailleurs, le premier ministre a réaffirmé jeudi l’unité de son gouvernement et de sa majorité pour mener des réformes au cours de la deuxième moitié de la législature. Trois conseils des ministres extraordinaires sont d’ailleurs prévus d’ici les vacances pour faire aboutir certains dossiers et élaborer le budget 2018 ainsi que, peut-être, le budget 2019.

Des polémiques particulièrement vives entre le CD&V et la N-VA ont animé ces dernières semaines, laissant flotter un parfum de crise sur la majorité. Des contacts ont eu lieu entre le premier ministre et les présidents de la suédoise pour resserrer les rangs à mi-législature. Mercredi, les présidents Wouter Beke et Bart De Wever ont diffusé un communiqué commun pour enterrer la hache de guerre.

«Oui, il était nécessaire de mettre les points sur les ’i’ à propos de la confiance entre nous», a souligné M. Michel, interrogé à la Chambre. «Je ne tolère pas qu’il y ait de la déloyauté dans la majorité. J’ai considéré qu’il était nécessaire, au kern et entre les présidents des partis, de constater qu’il y avait toujours la volonté et l’ambition d’agir pour mener des réformes». A ses yeux, l’accord qui unit les quatre partis est «solide».

«A mi-chemin, tout gouvernement cherche un second souffle», a reconnu le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraen. «Que l’on se concentre sur ce que l’on veut plutôt que sur ce que l’on ne veut pas», a-t-il ajouté.

Un point de divergence pointe toutefois le bout de son nez: la taxation des plus-values. Le CD&V la réclame mais tant la N-VA que l’Open Vld n’en veulent pas. «Pour nous, cette porte est fermée et ne s’ouvrira pas. C’était le cas hier, c’est le cas aujourd’hui et ce sera le cas demain», a averti Patrick Dewael (Open Vld).

L’opposition a ironisé sur les interventions répétées du premier ministre pour faire taire les polémiques au sein de la coalition. «Vous voilà devenu recadreur professionnel», a lancé Ahmed Laaouej (PS).

La crise n’est pas résolue, selon le cdH. «La déchirure dans votre gouvernement est bien plus profonde que votre rabibochage de façade», a affirmé Catherine Fonck.

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