Publié le Jeudi 7 Juillet 2016 à

Culture > Musique

Pour ses 80 ans, le Grand Jojo nous parle de son amitié avec Jacques Brel: «Le midi, on mangeait des oeufs durs et trois bières pour 15 francs!» (vidéo)

L.V.

Le Grand Jojo a 80 ans ! Cet important anniversaire, il le fêtera ce soir avec son épouse, Nicole, et des amis. « Les soirées mondaines, nous dit-il, je n’aime plus ça ». Son temps, Jean Vanobbergen, de son vrai nom, le passe majoritairement dans « son musée ». Cette pièce de sa maison de Dilbeek où il conserve tout ce qui a trait à sa carrière. Pour nous, ce grand monument de la chanson populaire, a accepté de se replonger dans ses souvenirs. « Au moins, il y a quelque chose qui restera. Pour mes petits-enfants et pour le public ». Retour sur sept décennies de chansons, de dessins, de rencontres, d’anecdotes, de drames et surtout de liesse nationale.

Mes dix ans  : «  J’ai grandi au sein d’une famille très unie. J’ai eu beaucoup de chance. À 16 ans, j’arrête l’école pour rentrer à l’académie de dessin. C’est à cette époque que je rencontre Barbara. Elle a perdu sa famille à Auschwitz. Elle chantait, moi je jouais de la batterie et puis il y avait Georges Moustaki. Il jouait du piano. Dans notre bande, il y avait aussi ce garçon, aussi paumé que nous. Un inconnu. C’était Brel. On était garçons de café. On gagnait vingt francs. Et le midi, on allait se manger un spaghetti avec un verre de vin pour tout juste quinze francs. Avec Jacques, on changeait parfois le menu. Pour avoir trois bières, on mangeait des œufs durs. Brel et Barbara m’ont aussi demandé de dessiner les affiches de leurs spectacles.  »

Mes 20 ans  : «  Je dis à mon père que je veux devenir peintre. Il ne comprenait pas bien. Je ne voulais pas être peintre en bâtiment mais artiste peintre. Pour lui, ce n’était pas un métier. Il n’y a jamais eu de disputes avec mon père, mais j’ai volé de mes propres ailes. Je dessinais les vitrines des bistrots. Pour les fêtes, je faisais des Pères Noël, de la neige. J’avais des sous en poche, ça marchait les bistrots à l’époque. Je menais une vie de bohème jusqu’à ce qu’on m’engage comme vendeur de disques. Je voulais un job, alors j’ai mis mes pinceaux au bac. J’étais un dragueur aussi. J’allais à l’Expo 58 en Vespa. Je suis sorti avec des Chinoises, des Espagnoles mais j’adorais les Suédoises. Elles restaient huit jours alors on balayait et on allait refaire le ménage ailleurs. C’est moi qui ai merdé et ça s’est terminé avec Jeanine, c’était le premier amour de ma vie. Elle travaillait aussi dans le magasin de disques. Donc, je suis parti. Jeanine, j’y pense encore. Il m’arrive même encore de rêver d’elle. Je ne sais pas si elle est encore en vie.  »

Mes 30 ans  : «  Je commence à écrire mes chansons, des farandoles surtout. Mon nouveau job consiste à choisir les disques qu’on met dans les juke-box. Alors, je vais y mettre les miens. Entre-temps, je me suis marié avec une autre Jeanine avec qui j’ai eu ma fille, Annick. Je me fais repérer par la maison de disques « Vogue ». On pouvait faire ce qu’on voulait, on avait aucune limite.  »

Découvrez d’autres anecdotes sur le Grand Jojo dans nos éditions de ce mercredi 6 juillet.

En bonus vidéo : Grand Jojo nous raconte l’histoire inédite de la poupée d’Anderlecht.

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