Publié le Lundi 30 Mai 2016 à

Régions

Gembloux: de plus en plus de prostituées roumaines le long de la N4

Shanti Duparque

Les Roumaines offrent de plus en plus leurs services dans les bars à champagne, situés le long de la N4 à Gembloux. Ce constat est dressé par l’antenne namuroise d’Espace P, une association au service des personnes prostituées. Mais aussi par les patronnes de ces établissements. Une d’entre elles nous explique comment elle a engagé une de ces filles. Une jeune prostituée confie aussi comment elle est arrivée à Gembloux.

Beaucoup de bars à champagne, situés le long de la N4 à Gembloux cherchent des serveuses : le bar l’Xtase, Anges ou Démons,etc.

Pour ces offres d’emploi, plusieurs gérants de bars reçoivent de nombreux appels venant de… Roumanie. « J’ai régulièrement des coups de fil de filles vivant en Roumanie. Elles me demandent si j’ai besoin de quelqu’un. Elles trouvent mes coordonnées en faisant une recherche sur le net », indique France, la gérante du Jeu des Dames (JDD). « L’an passé, j’avais une fille en moins, donc j’ai accepté. Je n’ai même pas demandé à mon interlocutrice, âgée d’une vingtaine d’années, de m’envoyer une photo. Cela ne change rien. Les photos peuvent être fausses. Si elle ne convenait pas, je lui disais simplement non ». Mais elle a directement convenu : « Elle est jeune, jolie et clean », décrit France.

En Roumanie : 150 € par mois

Quand nous sommes allés au JDD, la jeune travailleuse était repartie une semaine au pays, pour apporter de l’argent à sa famille. Nous n’avons pu la rencontrer.

Dans un bar plus loin, une patronne indique que la concurrence engage aussi beaucoup de filles roumaines. Outre les tenancières de ces bars, la cellule namuroise d’Espace P a aussi dressé ce constat. « Nous allons dans les bars pour distribuer des magazines de prévention. Nous sommes aussi accompagnées d’un médecin qui réalise des dépistages gratuitement et anonymement. Et depuis un an, nous constatons qu’il y a une augmentation de jeunes filles roumaines travaillant dans certains bars de la N4. Même si nous sommes évidemment loin de l’augmentation qui a frappé Bruxelles. En sachant que dans la capitale, le phénomène existe depuis 10 ans », précise Denise Ozdemir, de l’association Espace P de Namur.

Comme l’explique cette dernière, les filles quittent le pays car la situation économique y est catastrophique.

« Ah mais ça à l’air bien »

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Natacha, 27 ans, est arrivée en juillet 2015 dans un bar situé le long de la N4 : « J’avais une vie normale, simple, je vivais à la campagne. Et la campagne en Roumanie, ce n’est pas comme ici », commence la jeune fille. «  Là-bas, on a toujours un jardin avec un potager, des animaux dont il faut s’occuper. J’ai fait l’école normale pendant huit années, puis deux ans de formation au métier de couturière. À 16 ans, j’ai commencé à travailler dans une grosse fabrique de vêtements. Ce n’était pas très bien. J’étais jeune, Je n’avais pas d’expérience. On était traité comme des esclaves. On faisait 12, 14, 24 ou 36 heures sans arrêter et sans manger. Non-stop ! On gagnait 150 € par mois, les heures supplémentaires n’étaient pas payées. Après trois ans, j’étais tellement fatiguée que j’ai décidé que je ne pouvais plus…  ». Un jour, Natacha a revu une copine de primaire, qui lui a dit qu’elle se prostituait en Belgique. « Elle m’a expliqué : Là-bas, tu restes plus ou moins comme une poupée derrière la vitrine, les clients entrent et demandent . Je lui ai dit « Ah mais ça a l’air bien ! »

Découvrez davantage d’informations dans le journal de ce lundi.

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