Publié le Lundi 7 Mars 2016 à

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Une médecin accusée de ne pas avoir tenté d'empêcher une amie de se suicider acquittée

Belga

Le tribunal correctionnel de Namur a prononcé lundi matin l’acquittement d’une médecin accusée de s’être abstenue de venir en aide à une personne en danger, de ne pas avoir tenté de l’empêcher de se suicider et d’avoir sciemment attendu plusieurs heures avant d’appeler les secours la nuit du 25 au 26 décembre 2013 à Wépion. Le ministère public avait demandé au président de ne pas suivre la citation et requis l’acquittement.

Ce soir-là, A., une chirurgienne quinquagénaire «riche, brillante, belle, joyeuse et vivante» que la prévenue connaissait depuis deux ans, s’est injecté à forte dose et à huit reprises de l’insuline. «Elle parlait avec désinvolture de sa décision d’arrêter sa vie à Noël. Tout le monde le savait. Elle était obsédée sur la manière de le faire. Sa peur était de se rater. On en discutait quasi scientifiquement», raconte la doctoresse.

La prévenue a passé plusieurs nuits au domicile de la chirurgienne avant Noël, ses proches étant partis en vacances. «Le 25 à minuit, j’étais soulagée: ’Noël est fini.’ Elle est partie se coucher et quand j’ai vu la lumière encore allumée dans sa chambre, j’ai découvert qu’A. s’était suicidée. Mais Noël était fini... C’était incompréhensible!», explique la doctoresse, qui a travaillé pendant dix ans aux soins palliatifs.

L’amie a alors pris soin de l’apparence d’A., déjà morte à son arrivée, et contacté sa famille, «ceux qui n’étaient pas venus», avant d’appeler la police.

Aider une personne à se suicider constitue une non-assistance à personne en danger. Cette prévention s’applique lorsqu’il existe un péril imminent et qu’une personne reste inactive, précise le tribunal. «La détenue a accompagné son amie, elle avait acheté le médicament adéquat en cas de passage à l’acte. Elle a constaté la mort d’A. et il ne peut y avoir non-assistance à personne en danger si la personne est déjà décédée. De plus, le droit de décider du moment et des circonstances de sa mort relève du droit au respect de la vie privée», a souligné la présidente.

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